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Roman Mityukov face à l’explosion des chronos

06.10.2026 09h33 Pierre Pillet

Roman

Roman Mityukov n’a jamais nagé aussi vite. Pourtant, cela ne suffit plus toujours pour monter sur un podium international comme lors des dernières joutes européennes. Le Genevois raconte cette course permanente aux chronos et aux petits détails qui permettent encore de repousser les limites.

Un chrono de champion olympique… qui, deux ans plus tard, ne suffit même plus pour une médaille européenne. Aux Jeux de Paris 2024, le Hongrois Hubert Kós avait décroché l’or sur 200 m dos en 1’54’’26. Aux Championnats d’Europe 2026, Roman Mityukov a nagé plus vite, en 1’54’’07. Le Genevois est pourtant resté au pied du podium.

Une illustration spectaculaire de l’accélération du niveau mondial. «On voit que ça évolue de partout. Je pense que ce sont juste les nageurs qui se poussent les uns les autres vers le sommet», explique Roman Mityukov.

«Il y a encore de la marge»

Et cette course aux records est loin d’être terminée. Sur 200 m dos, le record du monde remonte encore à 2009, à l’époque des combinaisons en polyuréthane. Pour Roman Mityukov, plusieurs disciplines disposent encore d’une importante marge de progression.

«Il y a des records du monde qui se font battre d’une seconde. Ça veut dire qu’il y a encore de la marge sur pas mal de disciplines», estime le Genevois. Une évolution qui se retrouve jusque dans les critères de qualification: les chronos demandés pour atteindre les grandes compétitions internationales deviennent toujours plus exigeants.

La performance se joue aussi hors de l’eau

Pour suivre le rythme, s’entraîner davantage ne suffit plus. Roman Mityukov cherche désormais des gains dans tous les aspects de sa préparation. «Jusqu’aux Jeux de Tokyo, voire de Paris, je m’entraînais bien évidemment, mais c’était surtout l’aspect dans l’eau, l’aspect physique, la salle de gym. Et là, je sens que je dois optimiser pas mal de choses à côté.»

Sommeil, nutrition, récupération ou préparation mentale: autant de détails devenus essentiels au plus haut niveau. «Tu peux t’entraîner combien tu veux, très bien, arriver en compétition, tu paniques un petit peu et tu foires ta course. On voit que le mental joue énormément.»

À mesure que les chronos se resserrent, la performance se construit donc bien au-delà du bassin. Pour Roman Mityukov, l’objectif est désormais de traquer ces «petits détails par-ci par-là» qui lui permettront de continuer à battre ses propres records.

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