Sébastien Fournier: «Cette Suisse est l’un des groupes les plus ambitieux que nous ayons eus»
Quatre points en deux matches, une qualification déjà en très bonne voie et un Johan Manzambi qui fait sensation sur la scène mondiale. Invité sur notre plateau, l'ancien international genevois Sébastien Fournier a livré son analyse du début de Coupe du monde de la Suisse et du phénomène qui secoue actuellement le football helvétique.
La Suisse avance sereinement dans cette Coupe du monde. Après un match nul lors de son entrée en lice puis un large succès face à la Bosnie (4-1), la sélection de Murat Yakin abordera son troisième match contre le Canada avec confiance. Pour Sébastien Fournier, le bilan est positif.
«On attendait peut-être six points, mais il faut être content avec quatre», estime l'ancien international. Selon lui, la Nati possède désormais de solides arguments pour viser plus haut que lors des précédentes éditions. Une impression renforcée par la richesse de l'effectif à disposition du sélectionneur. «C'est rare d'avoir autant de choix avec l'équipe de Suisse», souligne-t-il.
Cette profondeur de banc s'est notamment illustrée contre la Bosnie. Les entrées de Ruben Vargas et Johan Manzambi ont changé le visage de la rencontre. Un luxe que le football suisse n'avait pas toujours connu. «Autant de joueurs offensifs qui jouent régulièrement dans de grands championnats, cela donne énormément d'options», analyse Fournier.
Mais le sujet qui passionne le plus les supporters reste évidemment Johan Manzambi. À seulement 20 ans, le Genevois est devenu l'une des attractions de ce Mondial. Pourtant, son parcours n'avait rien d'une évidence. Formé à Servette, il a traversé une période délicate à l'adolescence. Victime d'un retard de développement physique, il a vu plusieurs coéquipiers lui passer devant et a parfois passé plus de temps sur le banc que sur le terrain.
Pour Sébastien Fournier, cette période explique en partie le joueur qu'il est devenu aujourd'hui. «Il a développé une forme de frustration, une niaque, un esprit revanchard qui lui a permis de passer devant les autres quand son moment est arrivé.» Une trajectoire qui rappelle à quel point la détection des jeunes talents reste un exercice complexe. «Il faut rester très humble quand on parle de développement et de plan de carrière», rappelle-t-il.
Au-delà de ses qualités techniques, c'est surtout la personnalité du Genevois qui impressionne l'ancien international. «C'est quelqu'un qui rayonne. Il amène un peu de folie dans une équipe.» Une spontanéité et une insouciance qui se traduisent sur le terrain par des gestes inattendus, comme ce but marqué directement sur engagement lorsqu'il évoluait encore dans les équipes de jeunes servettiennes. «C'est Johan, c'est le culot», racontait l'un de ses anciens entraîneurs.
Alors que les rumeurs de transfert se multiplient et que les plus grands clubs européens surveillent son évolution, Sébastien Fournier appelle toutefois à la prudence. Après une progression maîtrisée entre Servette et Fribourg, il estime que la priorité du Genevois doit rester le temps de jeu. «J'espère que le choix qu'il fera l'amènera dans un club où il jouera. C'est le plus important.»
Avant de penser à son avenir, Johan Manzambi a surtout un Mondial à poursuivre. Et avec lui, une Suisse qui nourrit de grandes ambitions. Sans aller jusqu'à annoncer une demi-finale, Sébastien Fournier est convaincu d'une chose: cette génération possède les moyens d'écrire une nouvelle page de l'histoire du football suisse.