Toujours plus vite: le duo genevois qui affole les chronos
À 18 et 19 ans, Akira Eghagha et Emile Mumenthaler ont fait tomber quatre records nationaux cet été. Derrière leurs chronos: un entraînement toujours plus précis, une attention portée au moindre détail et surtout une émulation quotidienne entre deux amis devenus partenaires… et rivaux.
L’image a marqué les esprits. En demi-finale du 100 mètres lors des championnats de Suisse juniors, Akira Eghagha et Emile Mumenthaler se partagent la victoire à pierre-feuille-ciseaux. Une scène à l’image de cette nouvelle génération: décomplexée, complice, qui prend du plaisir à courir et qui, au passage, affole les chronos.
Cet été, à seulement 18 et 19 ans, les deux amis ont franchi un nouveau cap avec quatre records nationaux à eux deux (100m, 200m à deux reprises et sur le relai 4x100m). Des performances qui se jouent parfois à quelques centièmes, mais qui sont le fruit de plusieurs mois de travail.
Progresser, centièmes après centièmes
À ce niveau, plus question de bouleverser son entraînement du jour au lendemain. La progression se construit par petites touches.
«Le coach nous dit à la muscu: essaie pas de chercher des gros PB, essaie pas de faire chaque semaine 10 kilos de plus. Non, fais deux et demi ici, fais un kilo ici. Tu fais ça, en six mois, t’es déjà à 20 kilos de plus», explique Akira Eghagha.
Les méthodes ont elles aussi évolué. «La manière d’entraînement, elle évolue aussi. On trouve des moyens pour affiner notre corps à l’entraînement de manière différente qu’à l’époque. Donc je pense que c’est un tout, à mon avis, qui fait qu’on arrive là où on en est aujourd’hui», estime Emile Mumenthaler.
Une génération qui bénéficie de connaissances plus poussées, d’un encadrement plus précis et d’outils capables d’analyser toujours plus finement la performance.
Sommeil, récupération: rien n’est laissé au hasard
Et le travail ne s’arrête plus une fois la piste quittée. Récupération, alimentation ou sommeil font désormais pleinement partie de la préparation.
«Je me repose bien, je vais au lit très tôt. Je suis très rarement au lit après 22h. Et ça aussi, ça fait bien au moins quatre ans. Donc bon, ça joue aussi. Le repos, c’est énorme», raconte Akira Eghagha.
Les deux sprinteurs évoluent également dans un environnement plus favorable au haut niveau, avec davantage de médiatisation, de moyens et de compétitions.
Partenaires et rivaux
Mais leur meilleur moteur est peut-être simplement celui qui court à côté.
À l’entraînement, chacun sert de référence à l’autre. Une concurrence quotidienne qui permet de pousser un peu plus loin les limites.
«Avec Emile, à l’entraînement, il pousse fort. Il pousse très, très fort et ça, c’est vraiment motivant parce qu’avant qu’il reprenne l’athlétisme, j’étais tout seul», raconte Akira Eghagha. «Avoir un coéquipier qui peut te pousser à l’entraînement toujours, c’est un grand plus. Et puis, franchement, je le remercie parce que sans lui, je ne pense pas que j’aurais couru aussi rapidement non plus cette saison.»
Une rivalité amicale qui résume peut-être une partie de leur réussite: pour aller toujours plus vite, les deux Genevois ont trouvé quelqu’un capable de courir à leur rythme.