Sport

Un Genevois entre dans l’histoire avec quatre ascensions du Mont-Blanc en quatre jours

22.06.2026 23h20 Pierre Pillet

Lehmann

Le Genevois Nicolas Lehmann a signé une première mondiale en enchaînant quatre ascensions du Mont-Blanc par quatre itinéraires différents en quatre jours consécutifs, sans aucune assistance extérieure. Un défi hors norme de 162 kilomètres et près de 18'000 mètres de dénivelé positif qui repousse les frontières de l'endurance et de l'alpinisme.

Le sommet de l'Europe occidentale n'a plus beaucoup de secrets pour Nicolas Lehmann. Du 12 au 15 juin, l'ultra-traileur et alpiniste genevois a réalisé un exploit inédit: gravir le Mont-Blanc à quatre reprises par quatre voies distinctes, en totale autonomie. Une aventure de 54 heures et 21 minutes d'effort cumulées, 162,5 kilomètres parcourus et 17'671 mètres de dénivelé positif. Une performance jamais réalisée auparavant.

Mais au-delà des chiffres impressionnants, c'est surtout l'état d'esprit qui marque l'athlète de 44 ans. «C'est le projet que j'ai réalisé où j'étais le plus aligné avec mes envies et l'endroit où j'avais envie d'être», confie-t-il. Malgré les conditions parfois extrêmes, Nicolas Lehmann retient avant tout «un sentiment de plaisir et d'accomplissement durant tout le projet».

La montagne ne lui a pourtant rien épargné. Dès la première journée, des rafales approchant les 100 km/h et un épais brouillard ont failli mettre un terme prématuré à l'aventure. «J'ai bien cru que j'allais devoir renoncer dès le premier jour», raconte-t-il. Seul face aux éléments, sans équipe d'assistance, il poursuit malgré tout son ascension en s'aidant de son expérience.

Comme si cela ne suffisait pas, une partie de son matériel de sécurité est dérobée dans un refuge lors de la dernière nuit. Un épisode qui révèle l'esprit de solidarité propre à la montagne. Une gardienne de refuge lui prête une broche à glace, tandis qu'un caméraman lui confie son baudrier pour lui permettre de prendre le départ de la dernière ascension. «Je voyais déjà ça comme une anecdote à raconter», sourit-il aujourd'hui.

Pour préparer un tel défi, Nicolas Lehmann s'entraîne notamment en hypoxie à Genève, mais insiste sur l'importance du mental. «Il faut peut-être plus préparer son esprit que son corps.» Une philosophie qui résume bien sa démarche. Car contrairement à ce que pourrait laisser penser cette première mondiale, le Genevois affirme ne pas courir après les records. «Ce n'est pas la performance qui m'intéresse. Le record est une conséquence. Ce que je recherche, c'est surtout l'aspect contemplatif. Je me sentais simplement bien là-haut.»

L'exploit, documenté par GPS et validé selon les standards internationaux des Fastest Known Times (FKT), fera également l'objet d'un documentaire attendu en 2027. Quant à Nicolas Lehmann, il a déjà repris l'entraînement et prépare ses prochains défis, notamment l'Eiger 250 à Grindelwald et la TDS dans le cadre de l'UTMB. Comme si quatre Mont-Blanc en quatre jours ne suffisaient déjà pas.