Une légende du judo japonais sur les tatamis genevois
Ils n’ont que 11 à 14 ans et ont eu droit, samedi matin aux Palettes, à un professeur hors norme. Shinji Hosokawa, champion olympique à Los Angeles en 1984 et aujourd’hui 8e dan, a partagé son expérience avec les jeunes du cadre cantonal genevois. À ses côtés, deux représentants de la nouvelle génération japonaise: Yamato Fukuda, double champion du monde junior, et Kairi Kentoku, champion du Japon 2025.
Pendant deux heures, les jeunes judokas genevois ont observé, essayé et recommencé. Quelques centimètres dans le placement d’un pied, une main repositionnée, un mouvement répété jusqu’à devenir presque instinctif. À 66 ans, Shinji Hosokawa n’a rien perdu de sa précision et s’est lui-même prêté aux démonstrations sur le tatami.
«C’était vraiment super. C’est impressionnant parce qu’ils sont hyper forts et très précis dans leurs mouvements», raconte l’une des jeunes participantes.
Le champion olympique, lui, a également apprécié l’échange. «Les gamins suisses travaillent bien. C’est étonnant, impressionnant», sourit-il. Pour Shinji Hosokawa, la transmission passe avant tout par la pratique: «Travailler ensemble, pour moi, c’est très important. Regarder et donner des indications, c’est bien, mais si c’est possible, on pratique ensemble. Moi aussi, avec mon âge, je veux encore apprendre quelque chose.»
Une semaine exceptionnelle pour le judo genevois
La rencontre s’inscrivait dans une semaine organisée par l’Association cantonale genevoise de judo et ju-jitsu. De Lancy à Carouge en passant par Genève, plusieurs entraînements gratuits ont permis aux judokas du canton de profiter de la présence des trois Japonais.
«L’objectif, c’est d’abord qu’ils rencontrent de grands champions, mais aussi de leur transmettre les belles valeurs du judo, aussi bien techniques que morales», explique Mario Castello. Il rappelle notamment l’un des principes fondamentaux de la discipline: «L’entraide et la prospérité mutuelle. Si on aime ce sport, on doit aussi prendre soin de son adversaire.»
Au-delà de la performance, l’idée était donc de montrer aux plus jeunes ce que représente le judo dans son ensemble: la précision, le respect, mais aussi la transmission entre les générations.
Une amitié née au Japon
Si Shinji Hosokawa et les deux jeunes champions japonais se retrouvaient à Genève, ce n’était pas tout à fait par hasard. Derrière cette semaine de judo se cache une histoire d’amitié vieille de plusieurs décennies entre Mario Castello et le Japon.
En 1984, le Genevois part s’entraîner pendant huit mois à l’université de Tenri, l’une des références du judo japonais. «Je m’entraînais tous les jours avec Hosokawa Sensei et les autres étudiants. Ça a été particulièrement difficile pour moi qui suis un poids léger, mais avec énormément d’enseignements», raconte-t-il.
C’est également à Tenri qu’il rencontre Mamiko, sa future épouse, alors camarade de classe de Shinji Hosokawa. Depuis, les liens n’ont jamais disparu.
À chacun de leurs passages à Genève, l’accueil dépasse ainsi largement le cadre du tatami. Les repas se partagent, les anecdotes aussi, et les champions sont hébergés chez leurs amis genevois.
Le judo a créé la rencontre. Les années, elles, en ont fait une histoire d’amitié presque familiale.