Suisse

Drame de Crans-Montana: «Des gens sortaient en feu»

01.01.2026 13h50 Jérémy Seydoux / Vincent Ulrich

Ben

Ben, Genevois de 18 ans, est un miraculé. Arrivé en retard au Constellation, alors que ses amis l’attendaient à l’intérieur, il a échappé à cinq minutes près au terrible incendie. Il reste sans nouvelles de plusieurs copains. Son témoignage.

Il était un peu plus d’une heure du matin lorsque Ben quitte sa famille sur la place du village de Crans-Montana. «Je dis au revoir à mes frères et sœurs, pour aller rejoindre un ami au Constellation, avec d’autres amis. Nous avions rendez-vous à 1h. On a un peu tardé sur le chemin, parce que nous avons croisé des gens.»

Arrivés au Constllation vers 1h30-1h35, le Genevois et ses amis sentent que quelque chose ne va pas. Avant même d’atteindre l’établissement, une scène les glace. «Avant d’arriver, nous voyons une petite fille courir en hurlant avec du sang sur les genoux.»

«Je n’ai toujours pas de nouvelles de lui»

La suite est d’une violence inouïe. «Des gens sortaient du Constellation en feu, en hurlant de douleur.» Le chaos est total. En quelques instants, les secours convergent sur place. «Les ambulances et la police sont arrivés peu après. Ils ont mis du temps à sécuriser la zone parce que tout le monde était sous le choc.»

Ben tente alors de joindre l’ami qu’il devait retrouver à l’intérieur du bar. En vain. «Nous avons essayé d’appeler notre ami à l’intérieur, il n’a pas répondu. C’était angoissant.» Depuis, l’attente se prolonge. «Aujourd’hui, je n’ai toujours pas de ses nouvelles.»

Le jeune homme mesure désormais l’ampleur du drame, mais aussi la part infime qui l’a séparé du pire. «Je me dis que j’ai eu beaucoup de chance, à quelques minutes près j’étais dans le Constellation.» Conscient du miracle vécu à son échelle personnelle, Ben pense automatiquement aux blessés, aux victimes et aux familles.

À Crans-Montana, l’émotion reste vive. Les témoignages comme celui de Ben illustrent la brutalité de l’incendie et la sidération des témoins, confrontés en quelques secondes au pire.