Suisse

Gerhard Pfister au Conseil fédéral? «Ça deviendra clair la semaine prochaine»

16.01.2025 22h01 Laure Lugon Zugravu

Pfister

Le président démissionnaire du Centre, Gerhard Pfister, était à Genève pour le lancement de la campagne du Centre et des Vert'libéraux. Avec la démission de Viola Amherd, le Zougois est propulsé au-devant de la scène. Il est un papable très sérieux à la succession de la Haut-Valaisanne. Entretien.

La campagne du Centre et des Vert’libéraux genevois pour les élections municipales ne pouvait pas démarrer mieux. Jeudi soir, Gerhard Pfister est venu soutenir les deux partis centristes qui font alliance en ville de Genève. Étonnant, alors que la veille, la Berne fédérale, et singulièrement le Centre, étaient secoués par une nouvelle de taille: la démission de la conseillère fédérale centriste Viola Amherd, en charge de la Défense et des Sports (DDPS), au 31 mars prochain.

Pourquoi cet intérêt pour Genève en ces circonstances? «Je suis président depuis neuf ans et je viens toujours lorsqu'on m'invite. Rencontrer la base est très important pour le succès d'un parti et je me réjouis d'être ici.»

Si l'alliance entre Centre et Vert'libéraux «est assez fréquente dans d'autres cantons», une fusion n'est plus à l'ordre du jour: «On a fait des sondages et la base était complètement divisée. 50% oui, 50% non. Pour les Vert'libéraux, c'est la même chose. Cette question ne se pose plus.»

À Genève, le Centre est faible, ayant perdu des points aux élections fédérales. Il est aussi plus à gauche qu'ailleurs en Suisse. Comment l'artisan de la nouvelle identité du parti suisse juge-t-il ce positionnement politique? «Il faut constater que nous sommes dans la deuxième ville de Suisse, avec une vie plus urbaine, et c'est autre chose qu'en Appenzell. C'est le grand avantage de la Suisse, cette diversité.»

Si on imaginait volontiers que Viola Amherd ne s'éterniserait pas au Conseil fédéral, le timing interroge. Il intervient quelques jours après l’annonce de démission de Gerhard Pfister de la présidence du Centre Suisse: stratégie ou coïncidence? «C'est une coïncidence. Nous avons décidé de manière tout à fait indépendante. Pour moi, 2025 est une année de passage. Cet automne commencera pour 2027 et mon successeur aura le temps de se préparer.» 

«Si nous allons attaquer le siège du PLR? Je n'attends pas qu'Ignazio Cassis se retire avant les élections de 2027, il n'y a pas de signes de fatigue»

Ce faisant, un boulevard s’ouvre pour le Zougois, même si d’autres candidats solides vont très probablement se lancer dans la course. Notamment le conseiller national Martin Candinas (GR), président du Conseil national en 2023. Gerhard Pfister, qui n'avait pas fermé la porte, l'entrouvre un peu plus: «Cette semaine est celle de Viola Amherd. Lundi, le parti informera des premiers pas. Dans les deux prochaines semaines, chacun pourra dire s'il en a envie ou pas, et c'est valable aussi pour moi. Il faut réfléchir, cette décision n'est pas facile, le travail d'un conseiller fédéral n'est pas le même que celui d'un président de parti. Je suis personnellement décidé, mais je ne peux pas le dire cette semaine. Vous pouvez être assez sûrs que ça deviendra clair la semaine prochaine, quant à moi.»

Sur la possibilité d'un latin au Conseil fédéral en revanche, le président du Centre ne laisse que peu d'espoir. La configuration n'est pas favorable pour les Romands, puisque le siège vaquant devrait logiquement revenir à un Alémanique. Et ce, malgré les qualités que Gerhard Pfister reconnaît au conseiller national Vincent Maitre.

Attaquer le siège d'Ignazio Cassis, si celui-ci démissionne? «Je n'attends pas qu'il se retire avant les élections de 2027, il n'y a pas de signes de fatigue, il fait un bon travail. Si on veut que le Centre ait un deuxième siège, il faut laisser le peuple décider en 2027.» Il ajoute: «Le PLR n'a aucune raison à manoeuvrer de telle manière maintenant.»