Suisse

Un militant du climat suisse dénonce son interdiction d'entrée en France

09.05.2023 08h25

Un militant du climat suisse dénonce son interdiction d'entrée en France

L'avocate du militant dénonce "une volonté d'intimider" de la part du ministère de l'intérieur de Gérald Darmanin (archives).

Photo: KEYSTONE/EPA/CHRISTOPHE PETIT TESSON

'Fiché S' en France, un activiste suisse du climat a déposé un recours contre son interdiction d'entrée dans l'Hexagone. Son avocate dénonce l'opacité des procédures et 'une volonté d'intimider' les militants en les traitant comme des terroristes.

C'est sans doute la première fois qu'on utilise ces méthodes de lutte antiterroriste contre un militant climatique étranger, dénonce l'avocate Camille Vannier dans un entretien publié mardi par La Liberté et ses journaux partenaires. 'Il y a clairement de la part du ministère de l'intérieur (...) une volonté d'intimider et de dissuader les manifestants d'exprimer leurs opinions'.

Selon le journal, l'activiste a été arrêté le 24 mars alors qu'il se rendait à Sainte-Soline (ouest) pour manifester contre un projet de 'mégabassines'. Les manifestations avaient donné lieu à de violents affrontements, deux hommes s'étant retrouvés entre la vie et la mort.

Dans son arrêté, reproduit par La Liberté, le ministère de l'intérieur estime que la présence du jeune romand sur le territoire français 'constituerait, en raison de son comportement personnel, du point de vue de l'ordre ou de la sécurité publics, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave pour un intérêt fondamental de la société'.

'Rien à faire'

Selon Me Vannier, 'nous ne pouvons rien faire' contre une fiche S (pour 'sécurité de l'Etat'). 'Celui qui est fiché n'a aucun moyen d'y avoir accès et n'a pas le droit de savoir ce qu'on lui reproche' et la gestion de ce fichier est 'une chambre noire'.

'Ce que nous pouvons contester auprès du Tribunal administratif en revanche, c'est la légalité de l'interdiction administrative du territoire français', a-t-elle ajouté, dénonçant 'une mesure terrible de conséquences, et plus encore pour un ressortissant frontalier'.

Et l'avocate de dénoncer 'un glissement extrêmement inquiétant' dans les propos de Gérald Darmanin. Sa sémantique tend de plus en plus à incriminer les écologistes militants pour les décrire comme des 'écoterroristes' et à 'criminaliser la pensée, l'opposition', critique-t-elle.

/ATS