Genève

Congé parental à Genève: la droite dit oui

11.11.2022 18h44 Lucie Hainaut

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L’initiative vert’libérale pour un congé parental convainc la commission des affaires sociales du Grand Conseil: elle a été acceptée par 9 oui contre 6 non. Mais surprise: la droite la plébiscite, alors que les députés de gauche la refusent. 

La gauche qui dit non au congé parental: la nouvelle a de quoi surprendre. Mais pour le PS, c’est l’initiative vert’libérale qui ne convainc pas: «Ce texte ne donne pas le droit à un congé, il donne l’obligation de cotiser à une assurance sociale. Mais il n’y a pas de droit à un congé donc ça nous semble problématique. Ce sera au bien plaire de l’employeur» déplore Sylvain Thévoz, député PS et membre de la Commission des affaires sociales. 

La droite convaincue par le congé parental

Une lecture que les Vert’Libéraux genevois ne réfutent pas. Mais selon le vice-président du parti, il s’agit là du seul moyen de légiférer au niveau cantonal sur un congé parental: «Le caractère obligatoire d’un congé dépend du droit fédéral. Donc la deuxième meilleure chose qu’on peut faire au niveau de Genève, c’est mettre en place le financement qui permet aux employeurs d’offrir ce congé aux employés. Car au final, sous quel prétexte l’employeur n’octroierait pas le congé à ses employés, s’il est déjà financé?» argumente Aurélien Barakat, co-initiant de l’initiative. Les élus de droite de la commission des affaires sociales se rangent l’argumentaire des Vert’Libéraux: «Malgré les incertitudes juridiques, on s’est dit qu’il faut donner un signal clair à la population, montrer que la société va dans le bon sens et qu’elle offre des possibilités aux parents pour se partager les tâches au sein du ménage» soutient Natacha Buffet-Desfayes, Députée PLR et membre de la Commission des affaires sociales.

L'initiative en bref

L’initiative populaire «pour un congé parental maintenant» prévoit une cotisation assurée par les employés et les employeurs, à part égale. Les Vert’Libéraux estiment qu’elle s’élèverait à 0,15% du salaire pour chacune des deux parties. Le congé maternité serait toujours de 16 semaines, pendant que le congé paternité passerait de 2 à 8 semaines. Soit un total de 24 semaines, contre 18 actuellement. L’initiative s’appliquerait autant pour les couples hétérosexuels qu’homosexuels, mais aussi les familles d’accueil et les adoptions. Le texte prévoit que les parents puissent reporter deux semaines dans un sens, ou dans l’autre, en cas d’accord.

La gauche veut remettre l'initiative sur le métier

Si la gauche s’oppose au texte des Vert’Libéraux, c’est parce qu’elle craint une remise en question des acquis sociaux pour les femmes: «Un autre problème à nos yeux, c’est que les femmes pourraient voir leur congé maternité baisser de deux semaines. Donc nous on salue l’initiative en soit, mais on aurait aimé opposer un contre-projet qui permette d’avoir un droit au congé, d’avoir la garantie que les 16 semaines pour les femmes ne sont pas touchées, et puis améliorer cette initiative» martèle Sylvain Thévoz.

La majorité de droite de la commission refuse de soumettre un contre-projet. L’initiative constitutionnelle sera donc débattue au Grand Conseil en janvier prochain, avant d’être soumise au peuple.