Des pistes pour lutter contre le sexisme dans la police
Le rapport de la sous-commission de contrôle de gestion « Prévention et harcèlement police » a été présenté à la presse ce matin. Un rapport qui fait écho à un article du Temps, datant de 2020 et illustrant l’omerta autour du harcèlement vécu dans les rangs de la police vaudoise et genevoise. Si le rapport vient confirmer le sexisme latent dans la profession, des évolutions positives sont à relever.
Comportements inappropriés et sexisme ordinaire sont une réalité au sein de la police genevoise. En réaction à l’article accablant du journal le Temps, la commission de contrôle de gestion a réalisé un sondage auprès du personnel de police.
D’après le rapport, basé sur près de 700 personnes interviewées: une personne sondée sur cinq a déjà essuyé des commentaires dégradants ou obscènes, les trois quart des commentaires étant orientés sur leur physique ou contenant des insinuation sexuelles. Une personne sur 10 s’est vu imposé malgré elle le récit d’histoires à caractère sexuel et surtout du matériel pornographique. En moyenne générale, plus de 7 personnes sondées sur 10 ont vécu au moins une des formes de harcèlement au cours de leur carrière au sein de la police. Six sur 10 au cours de la dernière année.
Prendre le sexisme à bras le corps (de police)
Les cas d’hommes se sentant harcelés existent, ils sont cependant deux fois moins que les femmes. Pour y remédier, la commission de contrôle de gestion préconise la féminisation du corps de police. Elle espère tendre vers 30% de femmes au sein de la profession contre 16% actuellement. Un autre volet consisterait à étendre le temps partiel, «cela manque aujourd'hui, des hommes sont aussi demandeurs!» relève Nicole Valiquer Grecuccio, présidente de la sous-commision.
Les recommandations mentionnent aussi la nécessité d’une crèche au Nouvel Hotel de Police, «un élément indispensable», martèle la députée. Indispensable, tout comme un changement de dynamique au sein des corps de police. Mais des évolutions positives sont déjà relevées, notamment avec une fracture entre la vieille et la jeune générations de policiers et policières, et surtout parce que la parole se libère. Le député PLR et membre de la commission, Alexis Barbey, se dit agréablement surpris de la façon très libre avec laquelles les collaborateurs de police interrogés se sont exprimés.
Le conseiller d’Etat Mauro Poggia et la commandante de la police, Monica Bonfanti, ont indiqué prendre acte des recommandations. Le rapport sera déposé au Grand Conseil. Sa mise en œuvre relèvera du Conseil d’Etat.