Genève

À Genève, la sécurité inquiète les entreprises

13.08.2026 17h45 Rédaction

Plus de deux tiers des dirigeants sondés par la Fondation pour l’attractivité du canton de Genève estiment que la sécurité s’est dégradée ces trois dernières années. Pour sa directrice Karine Curti, ce constat doit être pris comme un «signal d’alarme».

La sécurité devient une préoccupation pour les entreprises genevoises. Selon une étude menée par la Fondation pour l’attractivité du canton de Genève, plus de deux tiers des dirigeants interrogés estiment que la situation s’est dégradée au cours des trois dernières années.

Karine Curti tient toutefois à rappeler que Genève et la Suisse restent parmi les endroits les plus sûrs au monde. «C’est un signal d’alarme. Il faut le prendre en considération parce que la sécurité, justement, ça fait partie de nos atouts et on ne peut pas se permettre de voir cet élément se dégrader.»

Incivilités, agressions et home-jacking

Parmi les éléments évoqués par les entreprises figurent les incivilités, les dégradations de locaux ou encore les agressions visant des collaboratrices et collaborateurs. Karine Curti mentionne également les home-jacking survenus l’année dernière.

Les infractions pénales ont augmenté de plus de 14% à Genève entre 2022 et 2025. Une hausse également observée à l’échelle nationale et qui doit être nuancée par des chiffres particulièrement bas en 2022, encore marqués par les effets du Covid.

Pour Karine Curti, il ne faut toutefois pas considérer les inquiétudes des dirigeants comme exagérées: «Les signaux faibles, c’est extrêmement important pour voir comment on va pouvoir justement adapter les politiques publiques et rester un territoire attractif, sûr et compétitif.»

La sécurité vient surtout s’ajouter à d’autres préoccupations déjà exprimées par les entreprises, comme la fiscalité, la mobilité ou la pénurie de logements. «On ne peut pas cumuler une fiscalité la plus élevée en comparaison intercantonale, la mobilité la plus contrainte en comparaison intercantonale, la crise du logement la plus élevée aussi, et puis finalement rajouter à ça des problématiques de sécurité.»

Karine Curti estime également que des problèmes répétés et non traités pourraient entrer dans les réflexions de certaines entreprises. «Aujourd'hui, il y a une compétition internationale, intercantonale. Il faut vraiment garder ça en tête. On ne peut plus juste se dire que les entreprises vont rester là pour toujours.» Les résultats de l’étude ont été transmis au Conseil d’État ainsi qu’au Département des institutions et du numérique.