À l'école Moser, une IA maison pour faire travailler les élèves
L’établissement genevois a développé son propre chatbot pour accompagner les révisions de maturité. Un outil alimenté uniquement par des contenus validés par les enseignants, avec l’ambition d’apprendre aux élèves à utiliser l’IA sans lui déléguer leur travail.
« Dans le cadre de mon cours, je souhaite travailler sur la condensation. » En quelques secondes, le chatbot fournit une réponse, des sources et propose plusieurs outils complémentaires.
Développée par l’école Moser, cette intelligence artificiell, baptisée Smart Matu est destinée aux élèves qui préparent leur maturité. Elle permet de poser des questions sur les cours, mais aussi de créer des quiz, des fiches récapitulatives ou encore d’accéder directement aux supports pédagogiques, sous forme de PDF ou de capsules vidéo.
Des contenus validés par les enseignants
Contrairement aux outils d’intelligence artificielle grand public, le chatbot ne puise pas librement ses informations sur Internet. Pour limiter les hallucinations et les fausses informations, il s’appuie uniquement sur des contenus conformes au programme et sélectionnés par les enseignants.
« Le but, c’est que les élèves sachent qu’ils ont un outil à disposition qui permet d’avoir un travail plutôt juste », explique David Cohen, responsable du Moser Lab au sein de l'école. L’école met aussi en avant la question de la protection des données et souhaite éviter une trop forte dépendance à des plateformes soumises à d’autres cadres législatifs que celui de la Suisse. Les serveurs sont d'ailleurs basés en Suisse, chez Infomaniak.
Ne pas laisser l’IA réfléchir à la place de l’élève
À l’école Moser, l’intelligence artificielle n’est pas bannie des salles de classe. Dès le secondaire I, les élèves sont sensibilisés à son utilisation. Pour ceux qui préparent la maturité, l’établissement a choisi d’aller plus loin avec son propre outil.
L’objectif est aussi d’apprendre aux élèves à déterminer quand l’intelligence artificielle peut être utile et quand elle ne doit pas se substituer à leur réflexion, explique Alain Moser, le directeur.
« Demain, les élèves iront à l’université et ils l’utiliseront. Là, on commence à leur montrer ce qu’il est possible de faire avec et dans quel contexte il est pertinent de l’utiliser », explique Alain Moser. « Evidemment, si c’est pour réfléchir à la place de l’élève, là on tombe dans l’écueil dans lequel il ne faut absolument pas tomber. »
L’IA déjà largement utilisée pour les devoirs
Selon une étude menée en 2024, plus de la moitié des élèves du secondaire Il en Suisse l’utilisent régulièrement à la maison pour leur travail scolaire. Une étude européenne montre par ailleurs que près d’un jeune sur trois s’en sert notamment pour obtenir directement la solution complète à une tâche.
À terme, l’école Moser souhaite étendre son modèle au-delà de ses établissements, notamment dans l’enseignement public. À Genève, le Département de l’instruction publique a lui aussi placé l’intelligence artificielle parmi les thèmes importants de cette année scolaire.