Au tribunal, une agression violente sur fond de paris sportifs illégaux
L’affaire remonte à 2020, sur fond de paris sportif illégaux. Elle réunit aujourd’hui 4 personnes sur le banc des accusés et un homme entendu comme prévenu et plaignant à la fois, puisqu’il a été la cible de l’agression jugée cette semaine. Une agression violente avec divers objets: barre de fer, batte de baseball, tabouret et même tournevis peut-on lire dans l’acte d’accusation.
Le prévenu principal aurait tenu un site illégal de paris en ligne. Le plaignant et des tiers inconnus y participaient. Un jour, le plaignant gagne et attend son gain qu’il ne reçoit finalement jamais. Le ton monte avec le principal prévenu, injures et menaces fusent. Le plaignant finira par débarquer à sa porte lui réclamer son argent. Mais ce dernier est là avec des amis à proximité, et tous lui seraient tombés dessus, et l’auraient passé à tabac avec la batte de baseball, la barre de fer et autres tabourets, spray au poivre et tournevis. Le plaignant passera 24h à l’hôpital avec diverses blessures.
Aujourd’hui les trois coprévenus maintiennent qu’ils étaient tous là par hasard lorsque les heurts ont commencé, que le plaignant serait venu accompagné, par une bande de dix personnes; un point qui n’est pas avéré tant d’après les dires de témoins oculaires que d’après les vidéos qui existent de la scène. Le prévenu principal dit avoir juste chassé avec un spray au poivre et un manche à balai l’homme venu lui réclamer de l’argent. Il n’explique pas qu’il y ait eu tant de blessures infligées à la victime. Pourtant une voisine affirme avoir entendu lors de la bagarre,«tuez-le», lancé en turc.
«Une agression bien organisée»
Cette première journée fut laborieuse. L’exercice de l’audition s’est révélé compliqué pour nombre de prévenus. Trois d’entre eux avaient en effet besoin d’interprètes en bulgare ou en turc. Certaines traductions laissaient parfois à désirer dans la précision, faisant tiquer les prévenus entre eux ou nécessitant de reprendre plusieurs fois les questions du président qui s’en agaçait. Après, les prévenus eux-mêmes étaient parfois imprécis, l’un d’eux a carrément modifié sa version lors de son audition au grand dam de son avocat qui lui a signifié à voix basse, fâché, qu’il avait fait n’importe quoi.
En tout cas ces auditions n’ont pas su convaincre la procureure Victoria de Haller, puisqu’elle les a qualifiés de «grands cafouillage». Lors de son réquisitoire, elle a parlé d’une agression bien organisée. Pour elle, rien ni personne n’était là par hasard, il s’agissait d’un guet-apens. «Les intentions des quatre prévenus ne font aucun doute» a-t-elle dit. Personne n’a par ailleurs été blessé dans ce camp-là, soi-disant en train de se défendre de personnes hostiles. «Les versions sont floues, contradictoires voire calomnieuses» estime le ministère public.
Elle a requit à l’instant pour celui décrit comme le cerveau de l’agression, 6 ans de prison ferme et une expulsion de territoire durant 10 ans. Pour les trois autres prévenus identifiés comme coauteurs de l’agression, 3 ans de prison dont 1 an ferme et une expulsion durant 5 ans pour deux d’entre eux. Enfin le plaignant aussi prévenu d’injures et de menace dans cette affaire pourrait écoper de jours-amende avec sursis.