Baisse d'impôts: «Le PS lancera sans aucun doute un référendum»
Les comptes 2023 sont unanimement salués par les députés, signe d’une remarquable compétitivité de nos entreprises ainsi qu’une réforme RFFA réussie. Alors qu’à droite, on applaudit la baisse d’impôts accordée à la classe moyenne, à gauche on la combattra tout en estimant que ce nouvel excédent extraordinaire devrait servir à renforcer les prestations offertes à la population.
Près de 2 milliards de recettes supplémentaires en 2023. Le Conseil d’État a choisi d’utiliser cette somme pour amortir plus vite que prévu la dette de la recapitalisation de la caisse de pension des fonctionnaires initialement prévue sur 40 ans. Cette stratégie est mauvaise, estime l’UDC. Il fallait, selon eux, s’attaquer à la dette. «L’État préfère rembourser une dette fictive que l’on a envers nous-même plutôt que la dette que nous payons avec de vrais sous, des banques qui viennent avec de vraies échéances de remboursements et de vrais taux d’intérêts», explique Yves Nidegger à l’issue de la présentation des comptes 2023 aux députés.
«C’est un vrai geste en faveur de la classe moyenne»
Le Conseil d’État a par ailleurs annoncé la gratuité des TPG pour les moins de 25 ans et une baisse d’impôts pour la classe moyenne. Une baisse d’impôts saluée par le PLR. «Ce que l’on constate avec ces excédents, c’est que l’on a peut-être un peu trop pris d’argent dans les poches des contribuables. Or aujourd’hui, il y a un problème de pouvoir d’achat. Le Conseil d’État propose son projet sur la base de ceux déjà initiés par la droite. C’est un vrai geste en faveur de la classe moyenne, argumente le député Yvan Zweifel.
Mais pour le MCG et le PS, ces efforts de redistribution ne sont pas suffisants. Ils dénoncent «la politique d’austérité» menée par la majorité de droite du Conseil d’État et du parlement. «Cela ne sert à rien d’être assis sur un tas d’or si nous n’en faisons pas profiter toute la population, estime le président du MCG François Baertschi. Malheureusement, le gouvernement ne propose que des mesures partielles. Pour le MCG, c’est tout à fait insatisfaisant.» La Cheffe de groupe PS au Grand Conseil Caroline Marti poursuit le propos: «On voit que l’État aurait très largement les moyens d’en faire beaucoup plus pour aider la population qui souffre», ajoute-t-elle.
Après des comptes 2021, 2022 très largement bénéficiaires, 2023 ne déroge pas à ce qui devient une règle. Les budgets ne correspondent pas à la réalité. «Un problème politique majeur», selon Les Verts. «On se fait beaucoup de soucis en prévision des débats budgétaires l’an prochain, affirme le député Julien Nicolet-dit-Felix. De façon chronique, les recettes fiscales sont sous-estimées de manière massive dans notre canton. Pour la deuxième année consécutive, nous avons deux milliards en plus. C’est pour cela que nous attendons du Conseil d’État une rectification de ces estimations. Nous déposerons une motion en ce sens», conclut-il.
«Le PS lancera sans aucun doute un référendum»
La gauche du Grand Conseil a d’ores et déjà prévenu: elle s’opposera au projet de baisse d’impôts qu’elle juge «irresponsable». «Si le projet est voté en l’état par le parlement, le parti socialiste lancera sans aucun doute un référendum», confie la députée Caroline Marti.