Baux résiliés à Carl-Vogt: Nicolas Walder salue «une victoire pour les locataires»
Un accord a été trouvé entre les locataires des immeubles des Carl-Vogt et leur propriétaire, la Caisse de pension de Bâle-Ville. Le conseiller d'État Nicolas Walder espère que cette issue fera jurisprudence à Genève.
Après plusieurs mois de négociations, les locataires des immeubles des Carl-Vogt, menacés d'expulsion en raison d'importants travaux de rénovation, ont obtenu des garanties. L'accord prévoit notamment leur relogement pendant le chantier, la possibilité de réintégrer leur appartement et des conditions encadrant les loyers. «C'est une victoire pour les locataires qui désormais ont une solution individuelle qui leur sera proposée […] et c’est une victoire pour le droit des locataires», réagit Nicolas Walder, conseiller d'État chargé du département du Territoire.
«La résiliation des baux anticipée n'a pas d'avenir à Genève»
L’élu, qui a joué les médiateurs dans ce dossier, estime que cet accord envoie un signal fort. «La résiliation des baux anticipée, celle que j'ai toujours condamnée, n'a pas d'avenir à Genève», affirme-t-il. Il reconnaît avoir fait pression sur le propriétaire en conditionnant l'octroi des autorisations de construire à une solution équitable pour les habitants. «Ils l’ont très bien compris, cela les a contraints à aller autour de la table, mais ils ont fait preuve de bonne volonté et ont mis passablement d’argent pour trouver des solutions», ajoute-t-il.
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«On ne construit pas pour construire, on construit pour les locataires et avec eux», insiste Nicolas Walder. Selon lui, trois ou quatre dossiers similaires sont actuellement suivis par ses services. Le conseiller d'État espère que cet accord incitera les propriétaires à privilégier la négociation plutôt que les résiliations de baux.
Des rénovations sans sacrifier les locataires
Nicolas Walder rejette également l'idée que ces exigences pourraient freiner les rénovations énergétiques. Il rappelle que les immeubles concernés n'avaient pas été rénovés depuis près d'un siècle. Selon lui, associer les locataires aux projets permet au contraire de limiter les oppositions et d'accélérer les chantiers.
Interrogé enfin sur les difficultés des jeunes ménages à se loger à Genève, le conseiller d'État défend le développement de logements à loyers contrôlés. Il réaffirme notamment l'opposition du Conseil d'État au déclassement en zone ordinaire prévu dans le projet de la Seymaz Sud, soumis au vote le 29 novembre. Son objectif: favoriser les zones de développement, où l'État peut exercer un contrôle sur les prix des nouveaux logements.