Genève

Benjamin, poseur de voies: «On travaille dans le froid, la pluie ou la neige pour que les trains roulent»

04.08.2026 17h13 Denis PALMA

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Après les conducteurs de trains, Léman Bleu poursuit son immersion dans les métiers du rail. À Genève, Benjamin et son équipe remplacent des rails usés afin de garantir la sécurité du réseau. Poseurs de voises, un métier physique, exigeant et souvent méconnu, qui s'exerce de jour comme de nuit, quelles que soient les conditions météorologiques.

Derrière la gare de Genève-Cornavin, côté Montbrillant, Benjamin commence sa journée sur un chantier minuté. Avec son équipe, il doit remplacer neuf mètres de rail arrivés en fin de vie. Découpe, démontage, pose du nouveau rail puis soudure: chaque étape est parfaitement coordonnée afin de limiter l'impact sur le trafic ferroviaire.

«C'est un travail physique, mais je pense que tout le monde est capable de le faire. Il faut surtout de la volonté et aimer ce qu'on fait», explique le poseur de voies, qui a rejoint les CFF après avoir travaillé à la SNCF.

Un chantier où la sécurité est omniprésente

Le travail s'effectue dans un environnement particulièrement exigeant. Entre les machines, les charges lourdes et la circulation des trains à quelques mètres des ouvriers, le risque est permanent.

«Des fois, on travaille sur une voie alors que les trains continuent de circuler sur celle d'à côté. Si on perd sa concentration, il y a un risque de percussion avec un train. Mais avec l'expérience et les mesures de sécurité mises en place, on apprend à travailler sereinement en respectant les règles.»

Une fois l'ancien rail retiré, le nouveau est installé à l'aide d'un bras mécanique. Il est ensuite découpé avec une précision millimétrique afin de laisser un espace d'environ 2,5 centimètres, nécessaire à la soudure. Le métal est alors porté à plus de 2'000 degrés pour assembler définitivement les deux extrémités. Après refroidissement, le rail est meulé jusqu'à obtenir une surface parfaitement lisse.

Un métier de passion

Poseur de voies, c'est aussi accepter des horaires atypiques. Les interventions se déroulent souvent de nuit, le week-end ou entre deux passages de train, lorsque le trafic le permet.

Malgré ces contraintes, Benjamin ne regrette pas son choix. «Nous travaillons sous le froid, la pluie ou la neige pour que le réseau ferroviaire suisse puisse fonctionner sans problème. C'est un métier utile.»

À 30 ans, il se projette déjà sur le long terme au sein des CFF. Son objectif est de poursuivre sa carrière en se formant pour évoluer vers de nouvelles responsabilités.