Canicule aux HUG: «On doit accélérer les choses»
Alors que certaines chambres de patients aux Trois-Chêne ont atteint 34 degrés, les HUG déploient une cellule d’urgence. Sophie Meisser, responsable de la cellule crise canicule, reconnaît la nécessité d’accélérer l’adaptation des bâtiments face aux vagues de chaleur.
Des chambres surchauffées, des patients fragiles et des soignants mis à rude épreuve. La canicule représente un véritable défi pour les HUG et Sophie Meisser, responsable de la cellule crise canicule, reconnaît la difficulté des soignants face aux récents épisodes de canicule.
«Malgré l’aération nocturne, du fait de l’accumulation des journées de chaleur, il fait chaud jusqu’à 30 degrés dans certains locaux», évoque Sophie Meisser en expliquant que certains sites, comme l’hôpital gériatrique de Trois-Chêne, compliques la tâche.
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Elle explique la situation par l’ancienneté de certains bâtiments, parfois propriété de l’État, ainsi que par les contraintes techniques et électriques qui empêchent l’installation généralisée de systèmes de refroidissement.
Pour faire face à l’urgence, les HUG ont installé des climatiseurs supplémentaires, notamment sur le site des Trois-Chêne. Des salons refroidis doivent permettre de regrouper les patients et servir de «refuges climatiques» pour le personnel.
Des protections solaires, des toiles et des filets ont également été ajoutés devant certaines surfaces vitrées. Des renforts de personnel doivent faciliter le déplacement des patients vulnérables vers les zones climatisées. «Il y a tout un tas de choses qui sont mises en place pour permettre la prise en soins dans les meilleures conditions possibles, malgré tout», assure Sophie Meisser.
La responsable reconnaît toutefois les limites de ces solutions temporaires. «On ne va pas, d’une baguette magique, transformer ces bâtiments en l’espace d’un été.»
Des installations durables attendues
Les HUG travaillent sur la question depuis plus de dix ans. Depuis 2016, des systèmes de climatisation ont notamment été installés dans les urgences, les soins intensifs, certains secteurs de pédiatrie et d’oncologie.
Mais la couverture reste incomplète. Les climatiseurs mobiles utilisés actuellement sont jugés «assez énergivores et peu efficaces». L’objectif est donc d’installer des équipements fixes dans les secteurs prioritaires avant l’été prochain.
«On aura besoin du soutien de l’État pour mettre en place tout ça», souligne Sophie Meisser. Elle précise que les discussions avec les autorités cantonales sont permanentes et qu’un plan structuré doit désormais identifier les zones les plus vulnérables.
«Ce n’est plus un événement occasionnel»
La cellule canicule des HUG a vocation à devenir pérenne. Elle devra coordonner les mesures immédiates, les rénovations énergétiques et l’adaptation des infrastructures aux nouvelles réalités climatiques.
«On doit accélérer les choses par rapport à ce qu’on avait prévu et planifié au niveau de la rénovation des bâtiments», affirme Sophie Meisser.
Pour la responsable, les fortes chaleurs doivent désormais être intégrées durablement au fonctionnement hospitalier. «Ce n’est plus un événement occasionnel, c’est quelque chose qu’on doit prévoir, qu’on doit intégrer.»