Canicule: l'alerte est levée, la pression reste maximale aux HUG
Alors que MétéoSuisse a levé ce lundi l'alerte canicule à Genève, les urgences, elles, ne soufflent pas. Au contraire. Les HUG s'attendent à voir affluer les patients les plus gravement touchés dans les prochains jours, conséquence d'une vague de chaleur exceptionnelle par sa durée et son intensité.
«Pour nous, elle ne se termine pas», prévient le Dr Laurent Larribau, responsable de l'Unité d'urgence santé 144. «On s'attend à avoir la plupart des hospitalisations maintenant et dans la semaine actuelle.»
Après onze jours de températures extrêmes, le profil des patients a évolué. Les premiers jours ont été marqués par des traumatismes et des malaises liés aux activités extérieures. En fin de canicule, ce sont surtout les personnes âgées ou souffrant de maladies chroniques qui appellent les secours, souvent dans des situations plus graves. Cette année, les équipes ont également constaté une hausse inhabituelle des coups de chaleur, y compris chez des personnes plus jeunes exerçant une activité physique ou professionnelle à l'extérieur.
La pression sur le 144 a fortement augmenté. Les quatre derniers jours de la vague de chaleur, la centrale a enregistré 60 % d'activité supplémentaire, avec 400 à 450 évaluations quotidiennes, contre environ 250 en temps normal. Vendredi, près de 200 patients ont été transportés en ambulance vers les HUG, un niveau qui n'avait plus été atteint depuis la deuxième vague de Covid.
Face à la perspective de nouvelles températures élevées dès la fin de la semaine, les HUG ont activé leur Centre opérationnel de régulation et de réponse d'urgence (CORUS), qui restera en veille jusqu'à fin juillet. Pour le Dr Larribau, les épisodes de canicule devront désormais être anticipés comme les épidémies hivernales: «Il faudra s'adapter à cela dans les années à venir.»