Genève

Canicule: un été «clairement plus dur» pour les hôpitaux gériatriques

20.08.2026 19h38 Rédaction

Pendant les trois mois de fortes chaleurs, les services de gériatrie des HUG ont été fortement sollicités. Le Pr. Christophe Graf constate une hausse des hospitalisations et plaide pour une réflexion sur le rafraîchissement des bâtiments.

L'été a été éprouvant pour les patients âgés comme pour les soignants. «Ça a été clairement plus dur et surtout plus long», constate le Pr. Christophe Graf, médecin-chef du service de gériatrie et réadaptation des HUG. Il souligne notamment la durée des températures supérieures à 30 degrés et des nuits qui ne permettaient plus de rafraîchir les bâtiments.

Les HUG disposent pourtant d'un plan canicule depuis une dizaine d'années. Stores, filtres, bâches devant certaines façades ou suivi renforcé des patients font partie des mesures mises en place. Mais plusieurs bâtiments, notamment construits dans les années 1970, restent mal isolés. À Trois-Chêne, certains espaces avaient approché les 36 à 40 degrés à la mi-juillet selon les syndicats.

Vers davantage de rafraîchissement actif

Pour le Pr. Christophe Graf, les possibilités restent limitées sans rénovation lourde des bâtiments, notamment en raison des contraintes légales et électriques. Il estime toutefois qu'un rafraîchissement actif devient nécessaire lors des périodes où les températures ne baissent plus la nuit. Une réflexion doit désormais être menée pour introduire ces solutions de manière «raisonnée et échelonnée».

Aucun chiffre officiel ne permet encore d'établir une éventuelle surmortalité liée à la canicule. Sur le terrain, le médecin ne constate toutefois pas de signe allant dans ce sens dans les EMS notamment. Il relève en revanche une augmentation des hospitalisations depuis le domicile, en particulier chez des patients souffrant de problèmes cardiaques ou pulmonaires. Les séjours ont également eu tendance à se prolonger en raison de difficultés à réadapter certains patients avant leur retour à domicile. «Ça a été tendu cet été, mais je dirais un peu moins tendu que ce qu'on vit en hiver, encore pour l'instant. Peut-être quelque chose qui pourra s'inverser dans les prochaines années», ajoute-t-il.

Avec le vieillissement attendu de la population et des épisodes de chaleur qui pourraient devenir plus fréquents, les infrastructures devront aussi évoluer. Un projet mené avec l'IMAD réfléchit actuellement à la prise en charge des aînés à Genève ces 15 à 20 prochaines années. Pour le Pr. Christophe Graf, la rénovation ou la construction de nouveaux bâtiments adaptés devra faire partie des priorités.