Genève

Carouge accueille le témoignage d’une survivante des camps nazis

27.04.2026 19h55 Rédaction

À 93 ans, Lili Keller-Rosenberg continue à transmettre la mémoire de la Shoah. Invitée à la salle des Fêtes de Carouge mardi 28 avril à 19h30, elle raconte une vie marquée par la déportation et portée par le devoir de témoigner.

Déportée à 11 ans dans les camps de Ravensbrück puis de Bergen-Belsen, Lili Keller-Rosenberg n’a jamais cessé de raconter. «C’est ma vie», confie-t-elle. Face aux élèves, elle insiste sur la nécessité de dire «exactement ce qui s’est passé dans ces camps horribles». Pour elle, les cours d’histoire ne suffisent pas: «Entendre une personne qui a vécu cette période leur apporte un plus. Et ils sont très intéressés, posent de bonnes questions. Pour moi c’est indispensable d’en parler.»

Arrêtée en 1943 avec sa famille, Lili Keller-Rosenberg traverse prisons, camps et séparation. Elle se souvient de l’incompréhension initiale, puis de la brutalité du système concentrationnaire. À Bergen-Belsen, l’épidémie de typhus et les morts omniprésents marquent à jamais son esprit.

Sa survie, elle la doit à sa mère. «Je dis toujours, elle nous a donné deux fois la vie, à la naissance et à la libération. Sans elle nous étions perdus, heureusement, elle a survécu», raconte-t-elle. Son père, déporté à Buchenwald, est malheureusement fusillé quelques jours avant la fin de la guerre.

Une mission née face au négationnisme

Longtemps, Lili Keller-Rosenberg a témoigné localement, avant d’élargir son action à toute la France puis à l’étranger. L’apparition des discours négationnistes l’a poussée à prendre la parole. «Mon sang ne fit qu’un tour. Il me fallait à tout prix intervenir auprès des jeunes», explique-t-elle. Depuis, elle multiplie les rencontres, convaincue de l’importance de transmettre. «J’ai une mission à accomplir et je ne faillirai pas.»

Malgré son âge, elle puise son énergie dans ces échanges. «Avec vous, pendant deux heures, ils sont tous à l’écoute dans un silence complet», lui rapportent les enseignants. Une attention qui la touche et la motive à continuer «au moins jusqu’à 100 ans.» Son témoignage est à découvrir ce mardi, à la salle des fêtes de Carouge, à 19h30.