Genève

Céline Amaudruz séduit au-delà de l’UDC

23.10.2026 19h11 Pierre Pillet

CF

La candidature de Céline Amaudruz au Conseil fédéral fait l'unanimité chez deux anciens parlementaires fédéraux pourtant issus de camps politiques opposés. Invitée sur le plateau de Léman Bleu aux côtés du libéral Jacques-Simon Eggly, la socialiste Maria Bernasconi plaide pour la présence de la Genevoise sur le ticket de l'UDC. Tous deux insistent sur la représentation des femmes et de la Suisse romande au gouvernement.

Alors que le délai de dépôt des candidatures pour succéder à Guy Parmelin est arrivé à échéance, les prétendants au Conseil fédéral sont désormais connus. Une course qui révèle, selon les deux anciens élus, les divisions internes de l'UDC. «J'ai trouvé assez étonnant que l'UDC ne soit pas mieux préparée», relève Maria Bernasconi, surprise par le faible nombre de candidatures.

Jacques-Simon Eggly partage ce constat, mais pointe surtout les rivalités au sein du parti. Il dénonce notamment la campagne menée contre Céline Amaudruz par Roger Köppel, rédacteur en chef de la Weltwoche.

Une socialiste derrière la candidate UDC

Malgré leurs divergences politiques, les deux anciens parlementaires défendent la candidature de la Genevoise. Maria Bernasconi espère la voir figurer sur le ticket officiel de son parti, notamment pour garantir une représentation romande au gouvernement.

«Moi, je ne suis pas fan de l'UDC, évidemment, je suis socialiste, donc non, ce n'est pas un secret, mais au moins qu'il y ait quelqu'un qui est un peu ouvert par rapport aux questions de société», explique-t-elle.

Jacques-Simon Eggly va dans le même sens. À ses yeux, écarter la seule femme candidate serait difficilement justifiable. «Ce serait quand même assez normal qu'il y ait deux femmes au Conseil fédéral», estime l'ancien conseiller national libéral. Il rappelle également l'importance des équilibres linguistiques au sein du gouvernement.

La collégialité, un critère déterminant

Au-delà des questions de représentation, les deux invités insistent sur les compétences et la capacité des candidats à respecter la collégialité gouvernementale.

Maria Bernasconi rappelle que les auditions devant les groupes parlementaires sont des étapes particulièrement exigeantes. Les prétendants doivent démontrer leur maîtrise des dossiers, mais aussi leur aptitude à défendre les décisions collectives du Conseil fédéral, même lorsqu'elles s'éloignent des positions de leur parti.

Une qualité que Jacques-Simon Eggly pense retrouver chez Céline Amaudruz. L'ancien élu salue notamment son engagement à respecter la collégialité si elle devait être élue. «J'ai le sentiment que c'est une femme qui sait apprendre, qui sait évoluer et qu'elle serait à la hauteur», affirme-t-il.

Reste à savoir si l'UDC suivra ces recommandations venues de l'extérieur de ses rangs. Le parti doit dévoiler son ticket officiel le 20 novembre.