Genève

Chauffage à distance: le Conseil municipal de la ville de Genève bloque un crédit de 88 millions

13.01.2026 18h16 Denis PALMA

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Après la rue de Carouge, les SIG s’apprêtent à déployer le chauffage à distance en sous-sol dans 32 rues de la Ville de Genève. Un chantier que l’exécutif souhaite coupler à l’assainissement des égouts et au réaménagement de l’espace public. Mais la majorité de droite du Conseil municipal a refusé le crédit de 88 millions de francs. Ce soir en plénière, la magistrate en charge de l’aménagement tente un amendement général pour «sauver les meubles».

Après la rue de Carouge, 32 autres tronçons de rues de la Ville de Genève pourraient bientôt passer en mode chantier. Les SIG prévoient d’y installer les tuyaux du futur chauffage à distance, y compris sur des axes très fréquentés comme le boulevard du Pont-d’Arve, la rue de l’Athénée ou la rue des Charmilles.

Le "package études-travaux" ne passe plus 

La Ville demandait un crédit de 88 millions de francs pour assainir simultanément les égouts, revoir les aménagements en surface et réaliser les travaux. En commission des travaux, la majorité de droite, rejointe par le MCG, a refusé le projet.
«On demande au Conseil municipal de voter des projets qu’on ne connaît pas pour des montants astronomiques. C’est pertinent d’étudier la suite, notamment les aménagements extérieurs, mais on ne peut pas demander un chèque en blanc», estime Boris Calame, conseiller municipal Le Centre – Les Vert’libéraux.

Même position au MCG. «On doit déjà maîtriser nos finances. Ouvrir toute la ville de manière perpétuelle, ce n’est plus possible. Et une fois les travaux terminés, il faudra recommencer dans 30 ans», critique Daniel Sormanni.

La gauche soutient le projet global 

Minoritaire, la gauche défend le crédit. «Les SIG ont des travaux à conduire et la Ville en profite pour avancer sur la végétalisation, la piétonnisation et sa stratégie climatique. Forcément, plus il y a de rues et de travaux coordonnés, plus les montants sont élevés», rappelle le conseiller municipal socialiste Manuel Zwyssig.

Face au blocage, la nouvelle magistrate en charge de l’aménagement propose un compromis. Un amendement général soumis ce soir en plénière limite le vote aux seuls crédits d’études, pour près de 7 millions de francs.
«Les SIG attendent depuis 10 mois. Ils vont avancer et la Ville risque de ne pas pouvoir suivre. L’objectif est donc de voter les crédits d’études et de traiter les crédits de réalisation dans un second temps», explique Marjorie de Chastonay, conseillère administrative en charge de l’aménagement.

Une approche pragmatique qui devrait réunir ce soir une majorité au Conseil municipal. Les travaux dans les 32 rues restent s’insèrent dans la planification 2030 des SIG et du canton. Ils se feront de manière progressive, mais ne débuteront pas avant au moins une année, le temps de mener à bien les études d’assainissement et de réaménagement de l’espace public.