Genève

Christian Brunier quitte ses fonctions avec effet immédiat

30.04.2024 11h58 Rédaction

Christian Brunier quitte avec effet immédiat les SIG. Le directeur général de l'entreprise, empêtré dans une affaire de népotisme présumé, a démissionné. Un audit externe est lancé.

«Christian Brunier est extrêmement affecté par les attaques dont il fait l'objet. Il a jugé préférable de partir le plus rapidement possible», a indiqué devant les médias le président des SIG Robert Cramer, suite à la démission du directeur général. «Christian Brunier a eu un parcours exemplaire au sein des SIG. Je suis affligé de voir ce parcours se terminer ainsi», a-t-il ajouté.

Un homme «très affecté»

Robert Cramer a indiqué devant la presse que M. Brunier envisageait depuis plusieurs mois faire valoir ses droits à la retraite anticipée. Celle-ci n’avait pas été annoncée mais aurait dû avoir lieu dans une année, soit fin mars 2025. Un calendrier et une décision indépendante de la crise que traverse actuellement l’entreprise. 

Alain Zbinden, actuel directeur général adjoint, garantira la transition à la tête de SIG. Il conduira les séances du comité de direction. Robert Cramer assurera les tâches de représentation. 

«Ligne rouge»

Prenant au sérieux les accusations de favoritisme, le Conseil d'administration a décidé mardi de mandater, d'ici à la fin de la semaine, un auditeur externe sur les procédures de recrutement. Celui-ci aura pour mission de chercher à savoir si ces procédures sont adéquates, si le règlement est perfectible et si, dans les cas en question, elles ont été appliquées ou s'il y a eu des dérives.

M. Cramer refuse de se prononcer sur ces cas avant d'avoir reçu l'audit "dans deux mois ou à la fin de l'été". A ses yeux, toute intervention active dans le processus de recrutement est «la ligne rouge absolue» à ne pas franchir. Dans une entreprise qui compte 1700 collaborateurs, «la proximité ne se limite pas aux liens familiaux», a-t-il relevé.

«Je n'emploie pas le terme de népotisme. Si c'est avéré, c'est très problématique comme comportement et pour l'entreprise», a souligné M. Cramer. De son côté, Robert Monin, directeur des ressources humaines des SIG, a expliqué qu'une candidature sans réelles compétences est balayée lors des différentes étapes de recrutement.

«Les recommandations de l'audit externe seront mises en oeuvre par les SIG», a assuré le président, qui souhaite que tous les établissements publics autonomes s'alignent sur les mêmes pratiques. La question du recrutement est importante aux SIG, où près de la moitié des collaborateurs partira à la retraite ces dix prochaines années.

«Sanctions possibles«

Revenant sur l'examen de la Cour des comptes, Robert Cramer a confirmé le remboursement des 22 millions de francs surfacturés aux clients des SIG. Le Conseil d'administration a confié à Swiss Economics un audit pour s'assurer de la conformité des tarifs de gaz et d'électricité. Attendu pour fin juin, le rapport lui permettra de soumettre une proposition de tarifs au Conseil d'Etat.

Enfin, une enquête administrative a été lancée à tous les niveaux de la régie publique sur la façon dont la Cour des comptes a été reçue et sur les conditions d'adoption de la méthode de calcul des pertes du réseau électrique. «Des sanctions sont possibles», a indiqué M. Cramer. Saisie par un citoyen bien informé, la Cour des comptes avait dénoncé un climat tendu, estimant que la direction avait ignoré les alertes.