Circulation alternée en cas de canicule? Les Verts ouvrent le débat
Face aux épisodes de chaleur qui se multiplient, les Verts proposent d'instaurer une circulation alternée des véhicules thermiques lors des alertes canicule. Une mesure qui permettrait, selon eux, de réduire la chaleur en ville. Le PLR juge au contraire cette idée inefficace, socialement injuste et économiquement pénalisante.
Après trois épisodes de canicule avant même la fin du mois de juillet, le député vert Julien Nicolet-dit-Félix estime qu'il faut agir rapidement contre les îlots de chaleur urbains. Sa motion prévoit d'instaurer une circulation alternée des véhicules thermiques lors des alertes météorologiques de niveau 3 ou 4, sur le modèle des plaques paires et impaires.
Selon lui, les moteurs thermiques aggravent directement les températures dans les zones les plus minéralisées. «Sur les 100 % d'énergie qu'on met dans une voiture, il y a 30 % qui sert à la déplacer et 70 % qui réchauffent l'environnement alentour», affirme-t-il.
Le député assure que la mesure viserait essentiellement le périmètre du Stick'AIR, avec des exceptions à définir par le Conseil d'État, notamment pour certains véhicules professionnels. En parallèle, il propose la gratuité des transports publics et des parkings-relais pendant les périodes concernées.
Le PLR conteste l'efficacité de la mesure
Pour Yvan Zweifel, le diagnostic sur les canicules est partagé, mais pas le remède. Le député PLR estime qu'aucune étude ne démontre qu'une réduction temporaire du trafic automobile ferait baisser sensiblement les températures. «Aucune étude scientifique sérieuse ne va vous expliquer que parce qu'on divise par deux le nombre de voitures pendant quelques jours, le climat va se refroidir», affirme-t-il.
À ses yeux, la proposition créerait surtout des difficultés pour les familles, les personnes âgées ou celles qui dépendent de leur voiture pour se déplacer, sans oublier les entreprises et certains professionnels qui ne bénéficieraient pas forcément d'exemptions.
Deux visions opposées de l'urgence climatique
Julien Nicolet-dit-Félix accuse la droite de manquer d'ambition. Il rappelle que les températures supplémentaires générées dans certains secteurs urbains peuvent avoir des conséquences sanitaires majeures. «Ce sont les degrés supplémentaires qui tuent», insiste-t-il, évoquant les milliers de décès liés à la chaleur observés en France cette année.
Le député vert reproche également au PLR de freiner certaines politiques climatiques, notamment sur la végétalisation ou la loi sur le climat, et estime que la climatisation individuelle n'est ni une solution durable ni accessible à tous.
La climatisation plutôt que les restrictions
Yvan Zweifel défend une approche différente. Il se dit favorable aux mesures structurelles comme l'arborisation ou la végétalisation des bâtiments, mais rappelle qu'elles produisent leurs effets à long terme.
À court terme, il considère que «la seule et unique solution qui sauve des vies, c'est la climatisation», notamment dans les logements, les EMS ou les hôpitaux. Selon lui, la circulation alternée ne répond ni aux impératifs sociaux, ni aux réalités économiques, ni même aux objectifs environnementaux. Le débat se poursuivra désormais au Grand Conseil.