Commerces: une app pour signaler les délits et incivilités
Créer un réseau de commerçants solidaires et unis face aux incivilités ou aux délits. C’est le but de l’application Vigeel. Toute nouvelle sur le marché, elle leur permet de créer des alertes suite à des tentatives de vol, l’usage de faux billets ou encore des agressions.
C’est en réponse au ras-le-bol de commerçants que Jimmy Establet a eu l’idée de créer Vigeel. «On peut publier une alerte, que les commerçants à proximité recevront instantanément. Dessus, on y met une description physique, vestimentaire, de mode opératoire... L'idée c'est d'avoir un réseau solidaire, pour se sentir moins seul face à cette insécurité», explique le cofondateur de l'application mobile.
Voilà deux semaines que l’application est sur le marché. De nombreux commerces ont rejoint la plateforme, en France et en Suisse. À Genève, ils sont déjà plus d’une cinquantaine, dont un restaurant festif de Plainpalais. Pour la propriétaire du Pandore, l’existence de cet outil est rassurant face aux problématiques qu’elle peut rencontrer: «Ça peut être l'usage de faux billets, les "restau-basket" où des gens qui peuvent partir sans payer, surtout quand on brasse beaucoup de monde... et puis des comportements agressifs, alcoolisés, la nuit», expose Johanna Didier.
Pas encore de signalement à son actif, Johanna touche du bois, mais surtout elle ouvre l’œil. À l’instar de ce gérant d’épicerie aux Augustins qui subit régulièrement des vols à l’étalage. «La seule chose où on ne peut pas me voler c'est les cigarettes, car elles sont derrière moi. Mais tout le reste y’a un risque!» regrette-t-il.
Le signalement comme première étape
Même en s’équipant de caméras, difficile de surveiller l’établissement dans toute sa longueur. Fidel Semere a été contraint de repenser les rayonnages pour rapprocher du comptoir les parfums et les bières. Il se dit prêt à alerter systématiquement sur l’application, dans l’espoir de changer les choses. «Si cette application peut nous aider... Une fois les auteurs dénoncés sur le site, au moins les autres magasiniers sauront qui fait ça, et cela pourra éviter des dégâts»,
Sur Vigeel, quelques signalements genevois ont déjà été fait ces jours-ci. De nombreux visages, ici anonymisés par nos soins, sont postés pour alerter les commerces alentours. Une pratique qui n’est pas encouragée par le fondateur de l'application. «On peut flouter les visages (...). Une description détaillée en dit généralement assez pour avertir», précise Jimmy Establet.
Pour rappel, une alerte sur l’application ne se substitue pas à une plainte auprès de la police. En 2023, 756 cas de vols à l’étalage et 34 filouteries d’auberge, soit le fait de partir sans payer, ont été dénoncées aux forces de l’ordre.