Concours Michel Nançoz: les 13 candidats ont tiré leur sujet au sort
Alea jacta est. Le sort en est jeté pour les 13 candidats du concours d’art oratoire Michel Nançoz. Sujets et ordre de passage sont désormais connus. Ils ont moins de deux semaines pour préparer dix minutes de plaidoirie. Le concours aura lieu le 5 septembre et sera retransmis en direct sur Léman Bleu.
Une main dans la boîte, et le sort est joué. Les 13 candidats connaissent désormais leur sujet et leur ordre de passage. Le 5 septembre, ils auront chacun dix minutes pour convaincre. Et au tirage, tous n’ont pas eu la main aussi heureuse.
Brian Favre hérite d’un sujet immense: «Lire, pourquoi faire? La musique suffit.» Au risque de s’y noyer. Mais l’avocat semble déjà inspiré. «J'ai surtout hâte de m'y plonger, m'y noyer et de voir ce qui ressortira une fois que j'aurai bu la tasse.»
Du loup de La Fontaine à l’inéluctabilité de la mort
Pour Francesca Fusco, le hasard fait bien les choses. Elle devra défendre le loup des Fables de La Fontaine, meurtrier de l’agneau. Un texte qu’elle connaît depuis l’enfance. «C'était ma première poésie en primaire. On peut toujours défendre n'importe qui, pour n'importe quoi, même le meurtre d'un agneau. Je ne vois pas encore, mais je me réjouis de chercher.»
D’autres pioches sont plus difficiles à digérer. Victor Hausermann devra plaider sur la mort et son caractère inéluctable. Pour l’inspiration, il faudra encore patienter. «Franchement, là, pour l'instant, je suis assez perdu. C'est le néant dans ma tête, mais ça va venir, je le sens», lâche-t-il.
Élise Wirthner devra, elle, défendre une phrase d’Éric Dupond-Moretti, sous les yeux du ténor du barreau français. De quoi ajouter un peu de pression. Plutôt que de penser au prix Nançoz, la jeune avocate préfère prendre le concours comme un jeu. «Je préfère me dire que c'est du fun. C'est un moment important, un moment qu'il faut habiter, et un moment bien sûr dont on se rappellera et dont on espère être fier toute sa vie.»
Sortir les candidats de leur zone de confort
Histoire, mythologie, littérature ou philosophie: derrière la diversité des 13 sujets, une même volonté, pousser les candidats hors de leur zone de confort.
«Nous avons des thèmes variés, comme l'histoire avec la défense du roi Louis XVI, la mythologie avec un thème sur Calypso ou encore sur Socrate, la littérature avec un thème sur Simone de Beauvoir, ou encore la philosophie. L'art oratoire offre un champ des possibles absolu», estime Stefan Gisselbaeck, Premier Secrétaire du Jeune Barreau de l’Ordre des Avocats.
Le jour du concours, plus de client ni de dossier à défendre. Seulement une robe, dix minutes et des mots pour emporter le jury. «Il n'y a pas de censure au concours Michel Nançoz. C'est vraiment le rendez-vous avec une parole qui se veut libre, une parole qui nous transporte, une parole qui nous émeut et puis surtout qui nous préserve de l'ennui», souligne Yaël Hayat, présidente du jury du prix Nançoz.
Pression supplémentaire pour les candidats: le concours sera retransmis en direct sur Léman Bleu le 5 septembre. Trois lauréats seront désignés et récompensés lors du banquet annuel de l’Ordre des avocats.