Genève

Congés joker à l’école: le principe séduit une majorité du Grand Conseil

18.08.2026 17h19 Denis PALMA

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Six demi-journées d’absence par année, sans avoir à les justifier: c’est la proposition du député socialiste Romain de Sainte-Marie. Le principe d'une réglementation séduit une majorité de députés du Grand Conseil. Le syndicat des enseignants du primaire soutient également l’idée, mais veut aller plus loin en supprimant les démarches administratives jugées inutiles.

Six demi-journées par année, sans justification. Romain de Sainte-Marie veut introduire à Genève le système des «congés joker», déjà pratiqué dans plusieurs cantons suisses. L’objectif: offrir davantage de souplesse aux familles, mais surtout garantir les mêmes règles dans toutes les écoles.

«Aujourd’hui, force est de constater qu’il n’y a pas d’égalité de traitement entre les différents établissements primaires», estime le député socialiste. Selon lui, le système permettrait également de réduire les démarches et les tensions entre familles et directions.

Une majorité de députés favorable au principe

La motion doit encore être examinée par la commission de l’enseignement. Les Verts la soutiendront. «Cela permet d’avoir une vie familiale, mais aussi aux élèves d’avoir des activités sportives, culturelles ou autres», défend Myriam Yunus Ebner, présidente des verts genevois.

Le Centre et LJS sont également favorables au principe d'une réglementation des congés à l'école. Le PLR, l’UDC et le MCG se montrent plus réservés. Une crainte revient: voir ces journées utilisées pour prolonger systématiquement les vacances.

«Il ne faut pas que ça devienne une forme d’école à la carte», prévient le député PLR Adrien Genecand.

Au MCG, Ana Roch souligne que le modèle vaudois reste encadré et nécessite toujours une annonce écrite. Pour la députée, le dispositif ne supprimera donc pas toutes les démarches administratives.

Les enseignants veulent aller plus loin

Du côté de la Société pédagogique genevoise, la crainte d’abus est relativisée. Le syndicat soutient le principe, mais souhaite aller au-delà de la motion.

«Les démarches administratives qui sont exigées relèvent du flicage», estime sa présidente Francesca Marchesini. Plutôt que de créer un nombre défini de jours joker, elle plaide pour une simplification générale des congés et davantage de confiance entre l’école et les familles.

Contactée, la conseillère d’État chargée du DIP, Anne Hiltpold, se dit ouverte à la discussion.

Vaud, Zurich, Fribourg ou encore Lucerne

Genève ne serait pas pionnier. Dans le canton de Vaud, les congés joker existent depuis la rentrée 2024. Les familles disposent de six demi-journées par année, sans justification, mais doivent les annoncer au moins deux jours à l’avance. Certaines périodes sont exclues, notamment les examens, camps et sorties pédagogiques.

Le système existe également sous différentes formes ailleurs en Suisse. Zurich accorde deux jours joker par année scolaire, sans justification. Fribourg prévoit également des jours joker, à annoncer au moins une semaine à l’avance. À Lucerne, les communes peuvent autoriser jusqu’à quatre demi-journées par année scolaire.

Dans le canton de Vaud, le dispositif a rapidement trouvé son public: durant l’année scolaire 2024-2025, 42'691 élèves l’ont utilisé au moins une fois, soit près de 44% des quelque 96'000 élèves concernés. Les vendredis et les périodes précédant les vacances figurent parmi les moments les plus prisés.