Coopératives: un logement, mais aussi une manière de vivre ensemble
La Société Coopérative d'Habitation de Genève (SCHG) ouvre les portes de son nouvel immeuble de la rue Edouard Rod. Plus qu'un logement à prix abordable, le projet mise sur la solidarité, la mixité sociale et les espaces partagés. Un modèle appelé à se développer dans le canton.
Les premiers habitants ont emménagé il y a seulement deux mois dans le nouvel immeuble de la SCHG, dans le quartier de Vieusseux. Les derniers locataires prennent progressivement possession des lieux à l'instar de Léo, qui découvre son nouveau quotidien.
«On a vraiment beaucoup de chance d'être là. On était dans un studio un peu serré, maintenant on a de la place, une super vue et un appartement très bien équipé. On s'y sent vraiment bien» se réjouit le nouvel arrivant.
Une coopérative ouverte à la mixité
Le bâtiment accueille des profils très différents. Plusieurs logements sont occupés par des bénéficiaires de l'association Argos, qui accompagne des personnes souffrant d'addictions.
Chacun dispose de son appartement, tout en partageant des espaces communs: cuisine, salon, salle à manger et terrasse.
«Les appartements donnent tous sur une partie commune. Cela permet aux habitants de se retrouver et d'éviter l'isolement», détaille Coraline Majoral, Responsable des pôles santé et RH au sein de l’association Argos.
Deux mois après l'emménagement, les premiers résultats sont encourageants:
«Beaucoup de bénéficiaires nous ont surpris par leur autonomie. Quand on leur donne la possibilité de gérer leur quotidien, on s'aperçoit qu'ils y arrivent très bien. Et malgré les logements individuels, les habitants ont envie de se retrouver et de partager des activités» se réjouit Coraline Majoral.
Penser le quartier autour du bâtiment
Pour la SCHG, la vie en communauté se construit dès la conception du projet.
«Ce n'est pas seulement les habitants de cet immeuble qui gagnent en qualité de vie. Cette opération a permis de créer un parc accessible à tout le quartier, ainsi qu'une maison mise à disposition des habitants» raconte Patrik Beyeler, architecte associé au sein du bureau BCRarchitectes.
L'objectif dépasse la simple construction de logements, il s'agit aussi de créer des espaces de rencontre et de renforcer les liens entre voisins.
Des loyers hors des logiques de rendement
Le modèle coopératif repose sur une autre logique économique: «Les coopératives proposent des loyers basés sur les coûts et non sur le rendement immobilier. Après quelques années, ils sont en moyenne 30 à 40% inférieurs aux loyers du marché genevois» explique Jean Charles Dumonthay, Secrétaire général de la SCHG.
Au-delà de l'aspect financier, les coopératives défendent une autre manière d'habiter la ville, davantage tournée vers la solidarité et la participation des habitants.
Un modèle appelé à grandir
Aujourd'hui, les coopératives gèrent environ 12'400 logements à Genève, soit 7% du parc locatif.
À la suite de l'acceptation de l'initiative «Pour plus de logements en coopérative» en 2025, cette part devra atteindre 10% d'ici à 2030.