Genève

Daniel Wolf perçoit un avenir «sombre» pour la Comédie

24.06.2026 19h40 Rédaction

comédie

La Comédie de Genève a dévoilé sa saison 2026-2027, faite par Séverine Chavrier, mais présentée mardi sans elle. Une absence qui fait vivement réagir Daniel Wolf, comédien et ancien membre de la Fondation d’art dramatique (FAD). Il dénonce une mise à l’écart «scandaleuse» et s’inquiète pour l’avenir de l’institution.

La nouvelle saison de la Comédie de Genève a été présentée sans Séverine Chavrier. Une situation qui choque Daniel Wolf. Le comédien dénonce une situation «étonnante» pour ne pas dire «scandaleuse».

Il rappelle avoir participé, comme délégué syndical, à des moments de conciliation à la Fondation d’art dramatique à l’automne 2025. «Tout semblait aller bien», affirme-t-il. Depuis, «les choses se sont complètement retournées».

«C’est dégueulasse, c’est soviétique»

Le comédien remet en cause la proportionnalité du traitement réservé à Séverine Chavrier. «Est-ce que le châtiment, la mission, la vengeance actuelle contre Séverine Chavrier n’est pas disproportionnée par rapport à ce qui s’est passé?», interroge-t-il. Selon lui, «dans l’affaire Chavrier, il n’y a pas grand-chose.» Il évoque «une espèce de table des matières du mobbing écrite par un avocat», mais dit ne pas voir de fait précis.

La présentation de saison sans la directrice qui l’a construite constitue, à ses yeux, une forme de violence symbolique. «Je trouve ça odieux. C’est sadique», lâche Daniel Wolf. Il compare cette absence à un effacement. «Ces photos du comité central dans l’Union soviétique où on voit la photo avec Trotski, puis après la photo sans Trotski, on l’a effacée.» Il conclut: «C’est dégueulasse, c’est soviétique.»

À ceux qui estiment que la présence de Séverine Chavrier aurait pu occulter la programmation, Daniel Wolf répond qu’elle aurait au contraire permis de lui redonner un statut. «Ça aurait été une façon de lui redonner un statut qui n’est pas celle d’une pestiférée, d’une sorcière», estime-t-il. 

Avenir «sombre» pour la Comédie

Daniel Wolf s’inquiète aussi de l’image renvoyée par la Comédie. «Je pense que l’avenir est assez sombre», avance-t-il. Il estime que de futurs artistes ou directions pourraient hésiter à rejoindre l’institution. «Qui voudra venir dans ce théâtre avec une équipe qui pense qu’elle a la gouvernance du théâtre?», questionne-t-il.

Pour lui, le malaise dépasse le seul cas Séverine Chavrier. Daniel Wolf se montre pessimiste pour la suite. «Je ne vois pas qui, si on prend un nom qui a une certaine réputation, va venir dans ce panier de crabes», dit-il. 

Le comédien affirme enfin avoir reçu des témoignages contredisant l’image négative donnée de Séverine Chavrier. Il interpelle aussi la tête de la FAD et le volte face de Joëlle Bertossa. «Qu’est-ce qui s’est passé?», demande-t-il. Pour Daniel Wolf, «il y a du mensonge quelque part». En attendant, la programmation de la Comédie est désormais connue et démarre le 1er septembre.