Daniel, policier des CFF: «Notre rôle est avant tout d'être visibles»
Troisième épisode de notre série consacrée aux métiers du rail. À la gare Cornavin, Léman Bleu a suivi une patrouille de la Police des transports des CFF. Entre prévention, contrôles et interventions, ces policiers veillent à la sécurité des voyageurs dans les gares et à bord des trains.
Ils sont quatre à prendre leur service ce matin à la gare Cornavin. Parmi eux, Daniel, 32 ans, policier aux CFF depuis huit ans. Comme les policiers cantonaux, il est formé pour intervenir en toutes circonstances. Mais son terrain d'action est bien particulier: les trains, les gares et leurs alentours.
«C'est surtout d'être visible pour les clients, de prendre la température de ce qui se passe en gare. On veut être proches des gens et à leur disposition, pas seulement être dans la répression», explique-t-il.
La prévention avant tout
Chaque patrouille débute par un travail d'observation. Les policiers restent attentifs au moindre comportement inhabituel ou bagage abandonné.
«Une personne qui semble perdue, qui reste longtemps en gare sans prendre de train ou un bagage laissé sans surveillance attirent notre attention. Notre rôle est de comprendre la situation avant qu'un problème ne survienne», explique Daniel.
Premier arrêt au quai 9, côté Montbrillant. Malgré l'explosion de la consommation de crack à Genève, le policier estime que la situation reste maîtrisée dans l'enceinte ferroviaire. En revanche, il constate que la gare accueille régulièrement des personnes en grande détresse psychique.
«On retrouve souvent ici des personnes désorientées, qui viennent se réfugier en gare. Elles ont avant tout besoin d'être orientées et prises en charge.»
Un chien policier dans le Léman Express
La patrouille embarque ensuite à bord d'un Léman Express. Aux côtés des policiers, Diam's, un berger belge malinois de 11 ans. Dressé pour la défense, la recherche de personnes, d'objets et de stupéfiants, il participe régulièrement aux contrôles.
«Il est important que nos chiens soient très sociables. Ils travaillent au milieu de nombreux voyageurs tout en étant capables d'intervenir si nécessaire», explique sa conductrice. Ce jour-là, le contrôle ne révèle aucun élément suspect.
Plus de voyageurs, davantage d'interventions
De retour à Cornavin, direction le secteur France, l'un des points les plus fréquentés de la gare. Là aussi, les policiers multiplient les contrôles et restent attentifs aux comportements inhabituels.
En huit ans de carrière, Daniel a vu son métier évoluer. «Nous avons constaté une augmentation des agressions et des vols, notamment envers les agents de train. L'arrivée de nouvelles lignes et l'augmentation du nombre de voyageurs expliquent en partie cette évolution.»
Depuis 2024, les policiers de la Police des transports sont équipés de bodycams. Activées lors des interventions, elles permettent d'apaiser certaines situations et de conserver des preuves en cas de contestation.
Selon les CFF, neuf policiers sur dix jugent cet équipement utile. Depuis son introduction, les voies de fait contre les policiers de la Police des transports ont diminué de 11%, signe, selon l'entreprise, d'un effet dissuasif des caméras.