Débat: Genève maltraite-t-elle ses riches ?
L’annonce du départ de Renaud De Planta, ancien associé de la banque Pictet, pour des raisons fiscales vers l'Italie secoue Genève. Débat entre Bryan Lo Giudice, membre du PLR, et Jean Burgermeister, conseiller municipal Union Populaire en ville de Genève.
La place financière genevoise a vacillé ce week-end après l’annonce, par le Matin Dimanche, que Renaud De Planta, ancien associé senior de la banque Pictet, a décidé de quitter le canton pour s’établir en Italie où la fiscalité y est plus douce.
À Genève, l’imposition peut en effet grimper jusqu’à 71,5 %, tandis qu’en Italie, il bénéficiera d’un forfait fiscal négocié avec les autorités locales, jugé plus avantageux encore que le forfait fiscal proposé par la Suisse aux étrangers.
«C’est problématique parce que ça donne un mauvais signal… » - Bryan Lo Giudice
Pour Bryan Lo Giudice, membre du PLR et gérant de fortune, cette nouvelle envoie «un mauvais signal» quant à l’attractivité fiscale de Genève, d’autant que ce départ fait suite à d’autres départs d’envergure, comme celui de SGS vers Zoug il y a quelques mois. Il rappelle qu’un petit nombre de contribuables, 4 600 personnes, soit 1,3 % des contribuables genevois, assume aujourd’hui 73 % des recettes fiscales du canton. Selon lui, ces derniers risquent de migrer à leur tour si la pression fiscale reste trop forte.
«Les fortunes se portent très bien» - Jean Burgermeister
De son côté, Jean Burgermeister, conseiller municipal membre de l'Union populaire, minimise l’impact de ces départs. Selon lui, les grandes fortunes genevoises «se portent même très bien». Il déclare: «En 2024, leur patrimoine a bondi de plus de 17 % et a progressé d’un tiers depuis 2019. Par ailleurs, contrairement à l’idée d’un exode, des milliers de nouveaux millionnaires ont choisi de se domicilier en Suisse l’an dernier.» Quand au cas individuel de cet ancien banquier, l’élu de la gauche radicale s’en réjouit: «bon débarras».
Pour Brian Lo Giudice, conserver les grandes fortunes est essentiel: elles financent la culture, soutiennent la consommation locale et assurent une part majeure des recettes publiques.
Pour Jean Burgermeister, insister sur l’attraction des plus riches est «indécent» face aux profondes inégalités du canton, le plus inégalitaire de Suisse selon lui. Il appelle à «s’occuper davantage des salariés, de celles et ceux qui peinent à joindre les deux bouts, plutôt que de privilégier les plus riches.»