Débat: comment assouplir les règles autour des climatiseurs à Genève?
Alors que Genève suffoque sous la chaleur, le débat sur la climatisation revient au premier plan. Face à face, Maryam Yunus Ebener, présidente des Vert-e-s (GE), défend une utilisation ciblée, tandis que Geoffray Sirolli, député PLR, plaide pour un assouplissement plus généralisé des règles.
Faut-il revoir la politique genevoise en matière de climatiseurs? La question revient avec insistance alors que les épisodes de canicule se multiplient. À Genève, canton le plus restrictif de Suisse sur ce sujet, le débat est vif. Mais actuellement, un assouplissement semble être voulu, tant à gauche qu’à droite de l’échiquier politique.
Pour Maryam Yunus Ebener, présidente des Vertes, la généralisation de la climatisation n’est pas une solution. Elle met en garde contre un effet pervers: «Il fera encore plus chaud si partout on met la clim.» L’élue cite une simulation menée à Paris, selon laquelle une climatisation massive des logements pourrait paradoxalement augmenter les températures nocturnes extérieures de plusieurs degrés.
La Verte ne ferme toutefois pas la porte à certains usages. «On n’est pas du tout contre une clim ciblée», précise Maryam Yunus Ebener. Elle évoque notamment les EMS, les crèches, certaines écoles ou encore les personnes vulnérables. «Jamais on ne mettra en danger la santé des personnes parce qu’elles auront besoin de clim’», argumente-t-elle.
Une question de «santé publique»
En face, Geoffray Sirolli défend un changement de cap. Pour le député PLR, les étés seront de plus en plus chauds et Genève doit s’adapter. «C’est une question de santé publique aujourd’hui», estime-t-il. Il compare la situation estivale au chauffage en hiver: «L’hiver, il est normal qu’on chauffe nos habitations. Et il me paraît d’une même façon que l’été, on se doit de pouvoir refroidir l’endroit où on dort.»
Pour l’élue verte, la réponse doit surtout passer par des mesures structurelles: davantage d’ombre, des sols perméables, l’isolation des bâtiments ou encore la végétalisation des toits. Maryam Yunus Ebener regrette à ce titre le refus d’entrer en matière sur la loi climat au Grand Conseil en novembre 2025. Selon elle, ce texte aurait permis d’apporter une réponse plus globale aux fortes chaleurs.
Le PLR dénonce un excès de règles: «À Genève, il faut toujours plus de règles, toujours plus de légifération pour empêcher finalement le citoyen de pouvoir vivre convenablement dans la fraîcheur qu’il mérite», affirme Geoffray Sirolli. Selon lui, la climatisation peut être compatible avec les objectifs environnementaux, à condition d’être alimentée par de l’électricité renouvelable, notamment solaire. «Ce n’est pas les panneaux solaires qui alimenteront nos clims qui vont pénaliser notre environnement», assure-t-il. Le député insiste sur les conséquences sanitaires de la canicule: «Les HUG sont pleins, archi pleins, à cause de personnes qui souffrent de cette canicule.»
Un débat bientôt de retour au Grand Conseil
Maryam Yunus Ebener dénonce, elle, une réponse trop individuelle. Elle estime que les propriétaires doivent prendre leurs responsabilités. «Ils logent des gens, ils encaissent les loyers, ça c’est facile, mais il faut quand même que les gens puissent vivre dans des logements dans lesquels ils sont bien.» Elle va jusqu’à évoquer des baisses de loyers pour les logements devenus invivables lors des fortes chaleurs, en attendant des travaux d’isolation.
Avec des positions toujours tranchées, le débat reviendra rapidement ^dans l’arène politique. L’UDC a annoncé le dépôt d’un texte sur la climatisation. Entre adaptation aux fortes chaleurs, santé publique, coût pour les ménages et impact environnemental, Genève n’a pas fini de discuter de ses climatiseurs.