Genève

Des élus inquiets au sujet du futur collisionneur du CERN

14.09.2026 17h06 Gilles MIELOT

redac

Des élus locaux inquiets au sujet du futur collisionneur du CERN. 80 élus de France et de Suisse ont signé une tribune pour plus de transparence sur ce projet gigantesque. Ils s’inquiètent notamment des conséquences pour l’environnement et dénoncent une communication partielle et inadaptée. 

Un anneau souterrain de 91 kms de circonférence, situé entre 150 et 400 m de profondeur, à travers Genève, l’Ain et la Haute-Savoie, 8 fois plus puissant que le LHC actuel, 8 ans de travaux pour un coût estimé à 16 milliards selon les estimations actuelles pour une mise en service en 2045.

Objectif : Mieux comprendre les origines de l’univers en découvrant de nouvelles particules, traquer la matière noire ou résoudre l’énigme de l’antimatière. Sans remettre en cause le bien-fondé scientifique d’un projet financé par les Etats-membres et du mécénat privé, 80 élus de part et d’autre de la frontière s’interrogent sur les conséquences de ce chantier titanesque. « Les puits d'accès sont prévus pour extraire des centaines de millions de tonnes de gravats, on ne sait pas où on va les mettre, on craint des centaines de camions durant des dizaines d'années dans des réserves naturelles » dénonce le député Verts Cédric Jeanneret. 

Une concertation publique lancée mi-mai doit se terminer début octobre. Les élus dénoncent un calendrier trop court, un manque de transparence, et aucun pouvoir de blocage. « On a dans les villages des grands-mères face à des physiciens, on a des dialogues surréalistes, l'Etat est absent, on a l'impression d'assister à une mascarade de démocratie » complète Cédric Jeanneret.

Le CERN précise que les études d’impact n’ont pas encore été faites. La concertation ne vise pas à obtenir une approbation, mais permettra au CERN d’affiner ses études. « L'intérêt pour nous c'est de nourrir le projet pour le rendre le plus compatible possible avec le territoire. La question environnementale fait vraiment partie de l'étude de faisabilité, si le projet se réalise l'objectif c'est de respecter la règle des compensations au niveau des impacts » précise Yann Lechevin, chargé des relations institutionnelles au CERN. 

La décision finale appartiendra exclusivement au Conseil du CERN, qui réunit les représentants des États membres. Elle est attendue en 2028.

Cédric Jeanneret a déposé une question urgente au Conseil d’Etat qui devrait répondre lors la prochaine plénière du Grand Conseil le 1er octobre.