Des habitants de Bardonnex se battent pour leur bout de trottoir
Le trottoir de la discorde à Bardonnex. Plusieurs habitants du chemin d’Archamps dénoncent la suppression d’un cheminement piétonnier devant leur immeuble après des travaux. S’ils souhaitent le conserver, ils devront mettre la main à la poche et obtenir l’accord d’une centaine de copropriétaires.
Des habitants mobilisés contre la disparition de leur trottoir. Le chemin d’Archamps subit un lifting pour son réseau d’assainissement avec des modifications en surface. Le passage de la zone 20 à 30km/h évitera la suppression de plus de places de stationnement, mais ce ne sont pas les places de parc qui inquiètent les habitants. Le trottoir devant leur entrée d'immeuble doit être supprimé, ils devront alors traverser sans passage piéton pour se rendre sur le trottoir en face et retraverser pour retourner du côté de leur immeuble.
Un trottoir prévu pour changer de côté en raison d’un futur éco-point et des habitants qui craignent de se retrouver sur la route en sortant de chez eux. La mairie rassure. « Avant d'arriver sur la route, ils auront une bande herbeuse qui leur permettra de voir les véhicules qui arrivent à droite et à gauche et de traverser en toute sécurité pour rejoindre le trottoir en face » explique la maire, Béatrice Guex-Crosier.
Des années de combat et d’échanges avec la mairie qui a fait voter en mars au Municipal un crédit de 55 000 CHF pour modifier le projet, donner un vrai bout de trottoir aux habitants mais avec quelques contraintes. « Nous devrons faire signer une servitude à 100 copropriétaires en l'espace de six mois, ce qui est impossible, et nous devrons participer aux frais de géomètre, de cadastre, de demandes d'autorisation etc » se plaint Brigitte Vittori habitante du chemin d'Archamps.
La mairie nuance et rappelle que « le financement du trottoir sera à la charge de la commune, ce qui reste à la charge des habitants, c'est la servitude, donc le 50% de l'acte notarié et la demande d'autorisation de construire sur leur parcelle ».
Les habitants refusent de payer pour céder une partie de leur terrain qui deviendrait publique, ils espèrent une ultime concertation avec les autorités et sont prêts à faire pression « le trottoir de la route d'Annecy derrière nos immeubles nous appartient, nous l'entretenons, et tout le monde l'utilise, alors nous allons le bloquer » indique Brigitte Vittori par provocation.
Jamais l’expression changer de trottoir n’aura eu plus de sens.