Des nichoirs flottants pour laisser les bateaux prendre le large
Une plateforme en liège pour accueillir les nids à côté des bateaux: c’est l’idée de Birds & Co. Déjà installé dans une dizaine de ports vaudois, ce dispositif naturel et socialement vertueux offre une alternative aux oiseaux comme aux plaisanciers. À Genève, le canton privilégie toutefois la renaturation des rives.
Du liège, une ficelle et une idée simple: un nichoir qui flotte. Jérémy Suchet, fondateur de Birds & Co, a développé une plateforme à fixer à côté des bateaux, sur la place d’amarrage. L’objectif: offrir aux foulques macroules et aux grèbes huppés un support pour construire leur nid ailleurs que sur une embarcation.
Pour les plaisanciers, l’enjeu est concret. Une fois les œufs pondus à bord, impossible de déplacer le nid. La nidification étant protégée par la loi, le bateau peut rester immobilisé près d’un mois.
Un nid au ras de l’eau
Rudimentaire en apparence, la plateforme est pensée pour les habitudes de ses futurs occupants. «Eux, ce qu’ils aiment, c’est être au ras de l’eau», explique Jérémy Suchet. Contrairement au bateau, sur lequel les oiseaux doivent grimper, le support leur est directement accessible depuis le lac.
Les oiseaux apportent ensuite eux-mêmes les branchages pour construire leur nid. Sous leur poids, le dispositif s’enfonce progressivement. «La plateforme va être presque immergée sous l’eau, mais elle va soutenir tout le nid», précise le fondateur.
Né à l’EPFL et sélectionné par l’association Genilem, le projet a depuis trouvé sa place dans une diazaine deports vaudois.
Le dispositif n’a pas vocation à attirer davantage d’oiseaux, souligne son concepteur, mais à proposer une autre option à ceux qui fréquentent déjà les lieux. Face à une embarcation, il compte sur les caractéristiques du nichoir pour faire la différence: «La plateforme va être plus sexy pour l'oiseau grâce à sa conception.»
À Genève, priorité aux habitats naturels
Le canton de Genève qui gère l'ensemble des ports du canton, n’envisage pas, pour l’instant, d’équiper ses ports de ces nichoirs. Sur les rives renaturées de la Versoix, Franck Pidoux, de l’Office cantonal de l’eau (OCEau), défend une autre approche: redonner à la faune des habitats naturels.
«L’idée c’est de multiplier ces milieux», explique-t-il, en citant la plage des Eaux-Vives et le projet du Vengeron. Entre ces grandes zones naturelles, des espaces plus petits doivent servir de relais pour accueillir les oiseaux et, plus largement, la biodiversité.
Une priorité qui n’exclut pas les initiatives des plaisanciers. «La démarche de mettre ces plateformes flottantes est intéressante, mais c’est plus une démarche un peu individuelle que quelqu’un peut faire avec son bateau et sa place d’amarrage», estime Franck Pidoux. «Un peu comme de mettre un nichoir dans son jardin».