Des refuges dans l’Allondon pour sauver les truites et les ombres
Face au réchauffement de l’Allondon, l’État de Genève aménage une vingtaine de refuges pour les poissons à Russin. Ces structures en bois doivent offrir aux truites et aux ombres des zones plus fraîches et protégées. Pour l’ombre de rivière, menacé de disparition, il pourrait s’agir d’une opération de la dernière chance.
Des pelleteuses ont pris place dans le lit de l’Allondon, juste avant le pont de Russin. Sur un tronçon d’environ un kilomètre, l’État de Genève construit une vingtaine de caissons en bois destinés à recréer des habitats favorables aux salmonidés.
Ces installations sont composées de troncs, de branches et de racines. Placées face au courant, elles doivent permettre à l’eau de creuser des fosses plus profondes au pied des structures. Les poissons pourront ainsi s’y abriter des prédateurs et trouver des zones de refuge.
«Ces caissons vont créer une surprofondeur et des zones où les alevins et les autres poissons pourront venir se réfugier», explique Franck Pidoux, directeur du service de l’aménagement des eaux et de la pêche au Département du territoire.
Jusqu’à dix degrés de moins
Le choix de ce secteur de l’Allondon n’est pas dû au hasard. Plusieurs résurgences d’eau souterraine viennent y refroidir la rivière. Un phénomène particulièrement précieux lors des épisodes de fortes chaleurs.
En amont, la température de l’Allondon peut rapidement atteindre 24 à 25 degrés. À Russin, elle se maintient entre 15 et 18 degrés grâce à ces arrivées d’eau fraîche.
Ces quelques degrés peuvent être déterminants pour les truites et les ombres, particulièrement sensibles à l’augmentation de la température des cours d’eau. Les nouveaux aménagements doivent leur permettre de trouver à la fois de la fraîcheur et une protection.
«L’opération de la dernière chance»
L’urgence est particulièrement forte pour l’ombre de rivière. Encore bien présente dans l’Allondon il y a une dizaine d’années, l’espèce est aujourd’hui menacée de disparition dans ce cours d’eau.
«Si on ne fait rien, l’ombre de rivière va disparaître de l’Allondon», prévient Franck Pidoux. Selon lui, ces aménagements constituent «peut-être l’opération de la dernière chance».
Les travaux doivent s’achever à la mi-décembre. Leur efficacité sera ensuite surveillée chaque année. Des contrôles permettront de mesurer le nombre de truites et d’ombres ayant colonisé ces nouveaux refuges et de déterminer si ces aménagements permettent aux populations de se maintenir durablement dans l’Allondon.