Deux semaines après la campagne commune, l'UDC chasse déjà sur les terres du PLR
L’UDC veut piquer dans le viviers du PLR. En désaccord avec son allié sur la question des accords bilatéraux, le parti agrarien a lancé une campagne dans les médias pour rallier les libéraux-radicaux déçus. Trahison? Non, rien de nouveau, balaie l’UDC. Mais du côté du PLR genevois, la manœuvre dérange un peu aux entournures.
«Par amour pour la Suisse, membres et sympathisants du PLR, rejoignez-nous.» Voilà le ton adopté par la récente campagne de recrutement de l’UDC Suisse, diffusée dans la presse et sur les réseaux sociaux. Une opération qui vise ouvertement les libéraux-radicaux.
Au cœur du message: les accords bilatéraux. L’UDC n’en veut pas ; le PLR, lui, les soutient. Ce désaccord de fond est bien connu. Ce qui l’est moins, c’est la méthode: recruter directement dans le vivier PLR, bulletin d’adhésion à l’appui, dans les médias et sur internet. Une démarche d’autant plus surprenante qu’à Genève, les deux partis sortent à peine d’une campagne menée main dans la main.
«C’est de la campagne, c’est du combat»
Yves Nidegger, conseiller national UDC genevois, assume pleinement cette approche: «Il faut voir cela comme une agression de campagne. Évidemment, sachant que [le PLR] est divisé sur cette question, il est de bonne guerre de l’attaquer en proposant à ses membres de nous rejoindre. C’est du combat sur un sujet où nous sommes opposés, et tout le monde le sait depuis toujours.»
Au PLR Genève, la manœuvre n’est pas passée inaperçue. En réponse, le parti libéral a publié sur les réseaux deux messages sur le même modèle que celui de l’UDC, mettant cette fois en avant ses valeurs d’ouverture. Mais tout cela reste très courtois, et le président du PLR genevois tempère: l’alliance cantonale fonctionne. Et surtout, insiste Pierre Nicollier, les effets de cette campagne sur les effectifs PLR sont totalement négligeables. «Sur 3'000 membres, nous avons enregistré deux départs. Ce n’est pas une fuite: nos adhérents connaissent notre positionnement depuis toujours.»
Pourtant force est de constater que sur le plan national, l’UDC a le vent en poupe. Le parti affirme enregistrer une hausse des adhésions, en lien avec sa décision de rejeter les accords bilatéraux. À Genève, la section confirme la tendance, sans toutefois lier cette hausse à la campagne nationale du parti. 25 nouveaux membres en quinze jours ont adhéré à la section genevoise, contre une dizaine habituellement.