Écrans, parlons-en! Une exposition itinérante poursuit le dialogue entre générations
Sans diaboliser les écrans, la Ville de Genève mise sur la discussion et la prévention. Installée dans les quartiers, l’exposition itinérante Écrans, parlons-en! invite enfants, familles et écoles à réfléchir ensemble aux usages numériques.
Les écrans sont omniprésents, y compris dans la vie des enfants. À Genève, le Service de l’enfance, en collaboration avec Action Innocence, a choisi de ne pas les bannir mais d’en parler. Objectif: ouvrir le dialogue et offrir des repères clairs aux familles comme aux écoles. Illustration au parc Geisendorf, avec une classe de 8P.
Dans le parc, à deux pas de l’école primaire, les élèves découvrent l’un des vingt visuels de l’exposition. Temps passé en ligne, réseaux sociaux, jeux vidéo, sommeil, influenceurs ou encore algorithmes: autant de thèmes abordés pour nourrir la réflexion et susciter les échanges.
Un débat adapté à l’âge des élèves
Mandaté par la Ville, le comédien Marc-André anime les discussions. Son rôle: faire émerger la parole, sans jugement, en adaptant son discours à l’âge des participants.
En fin de parcours, la plupart des élèves disent déjà connaître ces enjeux, même si les règles diffèrent fortement d’une famille à l’autre. Passionné d’aviation, Thomas est très actif sur les réseaux sociaux. En semaine, son temps d’écran est limité à une heure. Le week-end, c’est open bar.«Je n’ai pas trop de limites. Je peux faire ce que je veux»,confie-t-il.
À l’inverse, Victoria n’a pas de téléphone.«Parfois, le week-end, je peux regarder la télé, mais pas tous les week-ends.»
Babacar, lui, a pris les choses en main.«J’ai mis des minuteurs sur ma console. Ça marche bien. Je lis davantage, je fais du sport, je joue au foot. Pour moi, les écrans, ce n’est plus un problème.» Chez Sophia, l’usage est strictement encadré.«Le téléphone, une fois par jour, surtout pour Duolingo ou appeler ma famille. L’iPad, non. La télé, seulement le week-end.»
Pour l’enseignante de la classe, Charlotte Barazzone, l’exposition peut aussi agir comme un relais auprès des parents.«Un tiers de mes élèves passent presque tout le week-end sur les écrans. Cette exposition peut sensibiliser les enfants et leur ouvrir l’esprit.»
Le Service de l’enfance espère ainsi diffuser largement le message.«L’idée, c’est que les parents voient l’exposition, en parlent ensuite dans leur entourage, puis reviennent avec d’autres»,explique Isabelle Widmer, cheffe du Service de l’enfance de la Ville de Genève.
Des visites guidées sont proposées sur demande. Prochaine étape pour l’exposition: la rue du Môle dès le 2 février. Elle se poursuivra jusqu’en décembre prochain.