Genève

FER Genève: «On ne sait pas pourquoi Genève dépense autant»

18.09.2026 19h22 Rédaction

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La FER Genève a mandaté une étude sur les dépenses genevoises de politique sociale. Résultat, Genève affiche des coûts supérieurs aux autres cantons.

Dans une étude comparative sur les dépenses de politique sociale du canton. Dans les six domaines analysés, Genève affiche des coûts supérieurs à ceux de cantons comparables. Pour Stéphanie Ruegsegger, directrice du département de politique générale de la FER Genève, l’enjeu n’est pas de réclamer des coupes, mais de comprendre l’origine de ces écarts.

Chômage, aide sociale, invalidité, vieillesse: dans les six domaines passés au crible par BAK Economics, Genève affiche des dépenses supérieures à celles du groupe de cantons retenu pour la comparaison. L’écart atteint notamment 89% pour le chômage, 50% pour l’invalidité et 44% pour l’aide sociale. Pour la vieillesse, les dépenses par habitant de plus de 64 ans sont supérieures de 56%.

«On ne sait pas pourquoi on dépense autant»

Des chiffres qui interrogent la FER Genève, à l’origine de l’étude. Mais Stéphanie Ruegsegger insiste: «Ce n’était pas pour dire qu’il faut dépenser moins. On voulait simplement savoir si Genève avait encore une maîtrise de sa politique sociale.»

Pour la directrice du département de politique générale de la FER Genève, le principal problème tient au manque d’explications permettant de comprendre ces différences: «On suppose que Genève n'a pas de maîtrise des coûts, parce qu’on ne sait pas pourquoi on dépense autant. Ça ne s’explique pas toujours. Donc c’est ça qui est inquiétant.»

Une «marge de manœuvre» à identifier

La FER Genève conteste notamment l’idée selon laquelle l’ensemble des dépenses sociales relèverait de charges sur lesquelles le canton ne peut agir. «On nous dit tout le temps qu’on n’a aucune marge, qu’il n’y a que des charges contraintes. Or, c’est faux, puisque Genève est tellement supérieure aux autres cantons comparables, c’est bien qu’il y a quand même une marge par rapport aux autres cantons», estime Stéphanie Ruegsegger.

La directrice du département de politique générale reconnaît toutefois les limites de la comparaison. Le coût de la vie genevois, par exemple, peut expliquer une partie des écarts. «Il faudra qu’on puisse creuser pour voir si ces éléments qui ne sont pas appréhendés, comme le coût de la vie, ont un impact et quelle est l’ampleur de cet impact», ajoute-t-elle.

«On ne demande aucune mesure d’économie»

Stéphanie Ruegsegger rejette en revanche l’idée que cette publication serait une attaque contre le modèle social genevois. «On ne demande aucune mesure d’économie», affirme-t-elle. «On est fiers aussi de notre politique sociale, de pouvoir protéger les gens qui en ont besoin.»

L’objectif affiché est au contraire de garantir sa pérennité dans un contexte budgétaire plus tendu. «Il faut qu’on puisse continuer à le faire dans un contexte budgétaire plus compliqué, en aidant ceux qui en ont besoin. Et puis, peut-être, s’il devait y avoir des manques d’efficience dans certains modèles, les corriger. C’est précisément pour pérenniser le modèle social.»

La FER Genève cite notamment les réductions de primes d’assurance-maladie. Selon l’étude, 43% de la population genevoise en bénéficie, contre 27,3% dans le groupe de comparaison. Stéphanie Ruegsegger évoque ainsi un possible problème de ciblage: «On a des cas de personnes qui ont de très bons salaires, de très hauts salaires, qui reçoivent des subventions, qui n’en voulaient pas.» Elle plaide désormais pour une étude permettant d’établir précisément la marge de manœuvre dont dispose le canton.

Une publication en plein débat budgétaire

L’étude est sortie le même jour que la présentation du projet de budget 2027 de l’État de Genève, qui prévoit un déficit de 546,2 millions de francs. Le Conseil d’État évoque lui-même une situation marquée par la croissance des charges contraintes et mécaniques.

Une concomitance que Stéphanie Ruegsegger présente comme une «vraie coïncidence, mais heureuse». Elle reconnaît néanmoins que les deux sujets se répondent: «C’est évident qu’il y a des enseignements à tirer.»