Face à la canicule, l’EMS Les Bruyères mise sur du personnel supplémentaire
Stores baissés, ventilateurs à plein régime et hydratation renforcée: à l’EMS Les Bruyères, à Champel, résidents et personnel font face à une nouvelle période de fortes chaleurs. Dans ce bâtiment des années 1970, l’établissement mise aussi, depuis cette année, sur davantage de personnel.
Stores baissés et ventilateurs à vitesse maximale, l’EMS Les Bruyères affronte sa quatrième vague de chaleur de l’année. Repas légers et hydratants, activités adaptées et surtout boissons non sucrées à volonté: face aux fortes températures, les mesures sont bien rodées.
Pour Martine Grossrieder, résidente, pas besoin de rappeler la consigne. «J’ai ma bouteille d’eau sans arrêt, je vais la remplir et puis je bois. Il n’y a pas besoin de me le dire», sourit la sénior.
Une vigilance accrue avec l’âge
Lors des tournées, le personnel infimier garde un œil particulièrement attentif sur les résidents. La canicule accentue les fragilités liées à l’âge: la sensation de soif diminue et l’organisme évacue moins facilement la chaleur. Paradoxalement, les températures élevées peuvent aussi être moins bien ressenties. «La personne âgée, en vieillissant, va avoir moins cette sensation de chaud, de froid. Elle a souvent très froid, donc elle ne ressent vraiment pas souvent cette sensation d’avoir très, très chaud», explique Shaïma Ochi, infirmière dans l’établissement. Une situation qui peut parfois surprendre en pleine canicule. «Ils nous demandent souvent des jaquettes parce qu’on a mis en place des ventilateurs. Et c’est à nous de tempérer, mais généralament, ils le comprennent bien.»
Immeuble des années 1970
Dans cet EMS de quartier en ville, le bâtiment impose aussi ses limites. Construit dans les années 1970, il n’a pas été pensé pour les épisodes de forte chaleur; certaines fenêtres ne disposent même pas de stores. Alors, malgré les mesures mises en place, la chaleur s’accumule dans les étages.
Jean-Louis y vit son premier été. S’il dit supporter difficilement «la grande chaleur», il porte un regard nuancé sur les conditions à l’intérieur de l’établissement. «Je trouve ici des conditions qui permettent d’échapper aux pires heures de la journée: le cadre, les soins, l’animation. On est dans un cadre qui est très favorable», estime-t-il.
Davantage de personnel pendant la canicule
Depuis cette année et la première canicule de mai, l’EMS a également choisi de renforcer ses équipes. Du personnel supplémentaire est mobilisé lorsque le plan canicule est activé par le médecin cantonal. Ceci afin de soulager les employés et de permettre un accompagnement plus important des résidents. «Cela permet d’avoir plus de temps, de prendre plus de pauses, de pouvoir être dans les accompagnements, dans les toilettes, dans les prises en soins du quotidien de manière moins stressée, moins difficile. On peut souffler, on peut se relayer entre collègues», explique Sarah Brelaz, la directrice de la résidence.
Ce renfort permet également d’accentuer la surveillance de l’hydratation poursuit Sarah Brelaz. «C’est quand même l’enjeu principal pour les personnes âgées vulnérables. On y veille de manière encore plus rapprochée, encore plus soutenue puisqu’on est plus nombreux à des moments clés», notamment le matin au réveil, puis le soir autour du repas et du coucher.
De mémoire de résidents, rarement un été aura semblé aussi chaud et aussi long. Aux Bruyères comme ailleurs, il faudra encore tenir quelques jours: le plan canicule restera en vigueur jusqu’à dimanche au moins.