Feu vert pour la Voie Bleue ?
L’office fédéral des transports accorde une concession à la CGN pour opérer entre Corsier et Bellevue à la condition que les bateaux contournent le site palafittique, a appris Léman Bleu. Mais les opposants annoncent un recours.
Le projet de Voie Bleue, liaison lacustre permettant de traverser les deux rives du lac en semaine, emporte la faveur de l’Office fédéral des transports (OFT), alors que plusieurs offres concurrentes, présentées comme plus écologiques et moins invasives, visaient à relier plutôt Cologny à Bellevue. Les bateaux pourront opérer dès le 15 septembre et ce pour une durée de trois ans.
Malgré les griefs invoqués par plusieurs riverains et la commune de Corsier, à savoir principalement l’emprise sur le site palafittique situé juste au large du débarcadère de Corsier-Port et inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, l’OFT accorde sa concession, à la condition que les navires contournent la zone.
Recours devant le Tribunal administratif fédéral
Ce partenariat public-privé, soutenu par une dizaine de communes, doit permettre notamment aux employés de la banque Lombard Odier, dont la migration est prévue prochainement à Bellevue, de pouvoir rejoindre plus facilement leur bureau par le lac.
«Nous nous réjouissons de constater que la Voie Bleue, qui est une sorte de traversée de la rade 2.0, sera donc très bientôt une réalité au service du bien public, de notre qualité de vie et de notre environnement», déclare Carole Lapaire, Maire de Collonge-Bellerive.
«Cette autorisation de l’OFT est la dernière étape officielle avant l’ouverture de cette ligne le 15 septembre prochain au terme de 6 années de réflexions et d’études approfondies. Elle confirme la solidité et la viabilité du projet, qui répond à toutes les normes en vigueur», se réjouit Benoît Gaillard, Président de la CGN.
Du côté des opposants au projet, on nous dit qu’une telle décision était attendue. Leur avocat, Me Romain Jordan, annonce d’ores et déjà saisir le Tribunal administratif fédéral «ces tous prochains jours».
«Le trajet depuis Corsier n'a pas de sens»
L’avocat réagit: «Déjà que le bateau choisi est polluant (80 tonnes de combustible au moins par année finiront dans le lac), que le trajet depuis Corsier n’a pas de sens si ce n’est de convenir aux dirigeants de la banque Lombard Odier, laquelle aura d’ailleurs priorité sur le public, la manœuvre imposée pour éviter le site palafittique d’importance mondiale dans la décision va retarder sensiblement les trajets. Rien ne va, mais on fait comme si, car aucune autre solution pour la mobilité des employés de la banque n’a été prévue. La décision de concession est même déclarée exécutoire en cas de recours. C’est du jamais vu!»
Les riverains corsiérois et bellevistes disent également «regretter la passivité des autorités nouvellement élues de la commune de Corsier». Selon eux, le plan de site actuellement à l’examen par la municipalité pourrait mettre fin du jour au lendemain à l’exploitation, voire même empêcher sa mise en fonction, s’il est adopté avant le 15 septembre prochain.