Fin de la coloscopie? une étude de l’UNIGE ouvre une alternative
Détecter le cancer colorectal sans passer par l’invasive coloscopie. Une équipe de l’Université de Genève, menée notamment par la doctorante Lorraine Ruffieux, a mis au point une méthode basée sur l’analyse du microbiote intestinal, avec l’aide de l’IA.
«En Suisse, on compte 4’500 nouveaux cas chaque année et 900’000 décès par an au niveau mondial», rappelle Lorraine Ruffieux, soulignant l’importance d’un dépistage efficace.
La méthode repose sur un simple prélèvement de selles. L’ADN bactérien est extrait puis séquencé afin d’identifier certaines sous-espèces liées au cancer du côlon. «On arrive proche de 90% de fiabilité. C’est presque aussi fiable que la coloscopie, mais beaucoup moins invasif et moins cher», détaille la chercheuse.
Fiabilité équivalente
L’innovation réside dans le fait de descendre au niveau de la «sous-espèce bactérienne». Jusqu’ici, les études s’arrêtaient aux espèces, jugées trop générales pour poser un diagnostic fiable. «On a établi un catalogue des sous-espèces du microbiote humain et réussi à détecter celles qui sont liées au cancer du côlon», explique Lorraine Ruffieux.
Outre le cancer colorectal, l’équipe a déjà testé cette approche sur le syndrome du côlon irritable avec de bons résultats. «Le but serait d’effectuer la même chose pour plusieurs maladies», note la doctorante.
Reste la question du calendrier pour la mise en œuvre de cette nouvelle solution. Patience prévient la chercheuse: «L’année prochaine, ce sera trop rapide, mais dans 5, 10 ans, ce serait pas mal». Une perspective qui pourrait changer en profondeur le dépistage d’un des cancers les plus meurtriers au monde.