Genève

Genève et Vaud, locomotive économique de la Suisse devant Zurich

02.11.2026 17h26 Laure Lugon, Rafael Pacheco

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L’arrogance zurichoise en prend un coup. Selon l’Office fédéral de la statistique, l'arc lémanique est la première zone économique de Suisse. De quoi donner des ailes aux politiques qui veulent obtenir davantage de la Berne fédérale.

Non, les Romands ne sont pas plus feignants que les Alémaniques. Le Produit intérieur brut (PIB) de l’arc lémanique est supérieur à celui de Zurich, révèle l’Office fédéral de la statistique (OFS), qui a adopté une nouvelle méthode de calcul.

Selon cette dernière, Genève, Vaud et le Valais ont généré ensemble une production économique de 190 milliards de francs, soit 12% de plus que la région du Grand Zurich. En excluant le Valais, la comparaison est toujours favorable à l’arc lémanique. Or les deux cantons romands comptent 1,4 million d’habitants, à quoi il faut rajouter 170'000 frontaliers, contre 1,6 million de résidents pour Zurich.

«Le syndrome «downtown Switzerland» et «Unique Airport» qu'on a aussi pu vivre et subir est bel et bien de l'histoire ancienne»

Le succès genevois doit être attribué aux profits records des négociants en matières premières, mais aussi à l’horlogerie et aux exportations. «L'arc lémanique a véritablement fait la démonstration de sa puissance économique. Elle n'a pas à rougir et le syndrome «downtown Switzerland» et «Unique Airport» qu'on a pu vivre et subir est bel et bien de l'histoire ancienne», réagit Vincent Subilia, directeur général de la Chambre de commerce, d’industrie et des services de Genève (CCIG).

Pour les faîtières patronales, Genève est en droit d’attendre que ce poids économique se traduise politiquement. Notamment en termes d’infrastructures de transports, l’arc lémanique faisant figure de parent pauvre: «Il faut que tout ça, sur la base de faits avérés, nous donne un bras de levier pour véritablement être davantage entendus à Berne, pour autant que l'on puisse parler d'une voix, sortir des logiques de silo qui parfois prédominent», poursuit Vincent Subilia.

«Berne devrait nous simplifier la tâche, éviter des alourdissements administratifs qui viennent souvent contraindre et empêcher les entreprises de travailler plus efficacement»

Et ce n’est pas tout. Pour la ministre de l’Économie, Delphine Bachmann, Berne devrait encore faire mieux: «Nous simplifier la tâche, éviter des alourdissements administratifs qui viennent souvent contraindre et empêcher les entreprises de travailler plus efficacement. Le grand défi pour nous l'année prochaine, ce sera que le travail aboutisse sur la question des Bilatérales III et de l'accord avec l'Union européenne.»

Elle pointe aussi la volonté du Parlement fédéral de renforcer les fonds propres d’UBS, ce qui pourrait être préjudiciable à Genève. «Berne souhaite augmenter la couverture de financement des banques à hauteur de 90% de leurs fonds propres. C'est évidemment très problématique parce que cela diminuera la capacité des banques à financer un certain nombre d'activités, notamment celles du commerce et du négoce et du trading de matières premières. Or ce sont des secteurs structurels, pas seulement pour Genève, mais aussi pour la Suisse. Et je pense que nous devons être prudents dans ce type de régulation.»

Genève est aussi le premier contributeur à la péréquation intercantonale. Désormais, le canton attend une meilleure prise en compte de ses besoins.