Genève veut dynamiser son secteur philanthropique
Genève veut se profiler comme un pôle international de la philanthropie. Avec près de 1400 fondations actives sur son territoire, le canton est déjà bien doté, mais il doit renforcer son attractivité, car ce secteur n'échappe pas à la concurrence intercantonale et internationale.
"Genève doit passer un cap", a indiqué jeudi devant la presse Delphine Bachmann, cheffe du Département de l'économie, de l'emploi et de l'énergie (DEE). La philanthropie est d'ailleurs inscrite dans la Stratégie économique 2035 du canton, signe de son importance pour Genève. Selon le DEE, ce secteur génère plus de 25'000 emplois directs et indirects.
La compétition y est vive. Plus de 13'700 fondations ont été recensées en Suisse. Au niveau international, Washington, Bruxelles, Amsterdam et Londres sont aussi bien placées. Avec le changement de paradigme politique aux Etats-Unis, beaucoup de fondations envisagent de relocaliser leur siège. "Elles sont bienvenues à Genève", selon Mme Bachmann.
Les 1'373 fondations du canton gèrent plus de 25 milliards d'actifs et distribuent chaque année 9 milliards à Genève, mais aussi à l'étranger. "Il s'agit d'une action de grande ampleur dans de nombreux domaines", a insisté la cheffe du Département des finances, Nathalie Fontanet. Les fondations oeuvrent pour la culture, la formation, le social, la santé ou encore l'environnement.
Complémentarité
Le canton s'est basé sur un rapport du Centre en philanthropie de l'Université de Genève publié en mars dernier pour affiner sa stratégie. Il a annoncé jeudi une série de mesures visant à faciliter les activités de ces fondations.
Il s'agit déjà de mieux communiquer sur ce secteur. Une nouvelle plateforme d'information dédiée aux fondations a été mise en ligne. Une cartographie, qui recense toutes les fondations, sera disponible dès le printemps prochain. L'objectif est de faciliter les recherches de fonds.
Genève dispose aussi d'un nouveau Conseil stratégique de la philanthropie, qui rassemble des acteurs de ce secteur et de l'Etat afin de réfléchir sur les rapports entre les pouvoirs publics et les activités philanthropiques. "On est dans la complémentarité avec les politiques publiques, pas dans la subsidiarité", a souligné Mme Fontanet.
Exonération fiscale
Un autre levier pour attirer et retenir les fondations à Genève passe par la fiscalité. De manière générale, les fondations peuvent bénéficier d'exonération fiscale, "mais ce n'est pas automatique", a rappelé Mme Fontanet. D'ailleurs certaines d'entre elles renoncent à cette exonération.
L’administration fiscale cantonale (AFC) a mis à jour son guide en matière d’exonération fiscale. Ses usages en matière d’activités d’intérêt général déployées à l’étranger, d’indemnisation des membres d’un conseil de fondation et de soutien par du financement entrepreneurial y ont été rappelés.