Genève

Grêle: des récoltes anéanties dans le sud du canton

30.06.2026 17h09 Denis PALMA

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L'orage de grêle qui a frappé le sud du canton lundi soir a ravagé des dizaines d'hectares de cultures. Maraîchers, arboriculteurs et viticulteurs dressent un premier bilan, entre découragement et volonté de sauver ce qui peut encore l'être.

Les stigmates de l'orage sont partout. À Bardonnex, Perly, Plan-les-Ouates, Saconnex-d'Arve ou encore Bernex, les cultures ont été balayées par un épisode d'une rare violence. À Bardonnex, 80 millimètres de pluie sont tombés en seulement 30 minutes, accompagnés d'une grêle dévastatrice.

Chez Biosaveurs, plusieurs hectares de légumes sont irrémédiablement perdus. Courgettes ou encore pommes de terre ont été durement touchées. «On a une douzaine ou une quinzaine d'hectares ravagés. (...) Aujourd'hui, si je veux être négatif, je vous dis qu'on a 80% des cultures perdues. Ce n'est pas dans notre mentalité. On va d'abord essayer de sauver le maximum», explique Georges Vuillod, patron de Biosaveurs.

Des dégâts sur toutes les cultures

Les conséquences dépassent largement le maraîchage. Dans plusieurs exploitations, le maïs a été décapité par la grêle, tandis que le blé, s’il est toujours debout, s’est fauché tout seul. Plus rien à en tirer.

Au Verger d'Arare, environ 3'000 m² de jeunes pommiers ont été couchés au sol après l'effondrement des structures paragrêle, soit près de 15% du domaine. «Les arbres allaient commencer à produire. On a 3000 m² de culture complètement couché par terre. La structure des filets paragrêles a cassé, sous le poids des grêlons. Les poteaux ont cédés. Aujourd'hui, la culture est foutue», déplore Jérémy Blondin, producteur au domaine des Mattines, représentant de la sixième génération de maraîchers.

Des vignes détruites à 100%

Certains viticulteurs paient eux aussi un lourd tribut. Au Domaine des Balisiers, les 4,5 hectares et demi de vignes situés à Plan-les-Ouates sur les 42 que compte cette exploitation ont rendu l’âme. Heureusement, ce vignoble est morcelé sur les deux rives du canton.

«Il ne nous restera plus rien sur cette parcelle. Il n'y a plus de feuilles, les grappes sont très blessées. La plante ne pourra plus faire mûrir le raisin. Ici, on ne récoltera plus rien», constate Anik Riedo, œnologue du Domaine des Balisiers. Cette perte représente environ 10% de la surface totale de l'exploitation.

Une inquiétude qui grandit

Des orages de cette violence ont déjà touché cette région en 2024 et en 2019. Pour les gens de la terre, la fréquence de ces épisodes devient un défi. AgriGenève craint que la répétition ne conduise certains exploitants à mettre leur activité en péril. La faîtière envisage de solliciter l’État. Mais la marge de manœuvre est faible, car il existe des assurances. Mais leurs prix sont jugés exorbitants par les agriculteurs.