Grève demain du personnel du Grand Théâtre
Le personnel du Grand Théâtre fera grève demain. Ils entendent mettre la pression sur le Conseil municipal de la Ville de Genève qui s’apprête à voter un nouveau statut unique pour les employés de l’institution lyrique. Ils exigent le maintien de leurs acquis sociaux. Explications.
La représentation de l’opéra «Idoménée» demain soir au Grand Théâtre est fortement compromise : car la moitié des employés de l’institution, au bénéfice du statut de fonctionnaires de la Ville de Genève ne travailleront pas demain. Ils protestent contre le projet de statut unique du personnel et demandent au Conseil municipal de ne pas le voter lors de la plénière du délibératif les 5 et 6 mars. «Tout a été amené très vite sans solution ni plan d’action. On ne nous a rien proposé», affirme Juan Calvino, président de la commission des personnels du Grand Théâtre. «Avec ces changements, le Conseil de fondation est l’unique employeur mais sans avoir de garantie sur le règlement, les conditions de travail et la LPP.»
Cette réforme doit rétablir une inégalité de traitement entre les 190 employés au bénéfice du statut de fonctionnaire de la Ville de Genève, soit les corps de métiers rattachés à la scène d’un côté et les 170 autres collaborateurs de l’autre, le chœur, le ballet et la direction qui eux sont sous contrat avec la Fondation du Grand Théâtre mais à des conditions moins bonnes. Les syndicats revendiquent une harmonisation des statuts par le haut. «Qui va payer quoi», s’interroge le syndicaliste. «Car l’harmonisation des conditions entre employés est impossible sans une augmentation des budgets. Mais pour l’instant, aucun chiffre ne nous a été donné», avance Juan Calvino.
Hormis Ensemble à Gauche, tous les autres partis en ville de Genève sont favorables à la réforme. Ils la voteront lors de la prochaine session
Hormis Ensemble à Gauche, les Verts comme tous les autres partis en ville de Genève sont favorables à la réforme. Ils la voteront lors de la prochaine session les 5 et 6 mars. C’est un signal fort en faveur de la nouvelle politique culturelle qui implique à l’avenir une gestion équilibrée entre le canton et la Ville de Genève. Les syndicats revendiquent une harmonisation des statuts mais par le haut. «Il faut aller de l’avant maintenant car le canton attend cette décision, il est dans les starting-blocks», explique le Conseiller municipal écologiste Matthias Erhardt. «Le Conseil d’État et le Conseil administratif ont signé un accord en ce sens en 2022 et les budgets sont prêts. Donc à présent, nous devons aller de l’avant et donner un signal fort.»
La réforme pourrait ainsi être votée la semaine prochaine : suivraient alors des négociations sur le contenu du futur statut des employés du Grand Théâtre entre le Conseil de fondation et les syndicats. Un statut que le Conseil administratif devra valider. À moins que la grève qui débute demain n’infléchisse ce calendrier.