Genève

Grève des fonctionnaires: coup d’éclat symbolique ou cri d’alarme légitime?

10.11.2025 18h25 Denis PALMA

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Demain, les employés de l’État feront grève. Ils réclament le respect des mécanismes salariaux, le rétablissement des annuités supprimées et le maintien des postes prévus dans le budget 2026 du Conseil d’État. Un budget fragilisé par la baisse des rentrées fiscales, qui creuse le déficit à 740 millions de francs.

Des positions politiques tranchées

À droite, la grève est jugée «dogmatique et inutile». Natacha Buffet Desfayes, députée PLR et fonctionnaire, estime que «les syndicats ne proposent rien de concret pour mieux dépenser». Selon elle, «il faut d’abord garantir le bon fonctionnement de l’État avant de réclamer plus de postes ou de prestations».

À gauche, le ton est tout autre. Au PS, cette grève est jugée «légitime et nécessaire», une manière de faire pression sur la classe politique, selon le président du parti socialiste Thomas Wenger.
«Ce n’est pas une démarche dogmatique, mais un signal d’alarme adressé au Conseil d’État et aux députés. Nous avons besoin d’un budget en 2026. Avec un déficit de 750 millions, les prestations publiques sont menacées. Le rôle des représentants de la fonction publique est d’alerter, de dire : attention, le service public et sa qualité sont en danger. C’est pour cela que nous soutenons pleinement cette mobilisation.»

Un budget toujours incertain

Mercredi, la commission des finances examinera les amendements du Conseil d’État. Pour convaincre la majorité de droite et éviter une absence de budget, la conseillère d’État Nathalie Fontanet doit encore trouver près de 500 millions d’économies, voire puiser dans la réserve conjoncturelle. Faute d’accord, Genève pourrait fonctionner dès 2026 sous le régime des douzièmes provisoires.