Genève

Hangar de Luc à Landecy: la guerre est dans le pré

22.07.2026 17h15 Laure Lugon, Arnaud Urfer

dfdfdfdf

L’ancien conseiller d’Etat, Luc Barthassat, est en guerre avec la commune de Bardonnex. En cause: son hangar, où il organise des événements. Pétition, contre-pétition, le conflit s’envenime.

Luc Barthassat n'a rien perdu de sa gouaille et de son ton volontiers provocateur: «Faites venir la police, donnez-moi des amendes. De toute façon, je n'ai pas les moyens de les payer. Donc, j'irai à Champ Dollon. C'est la dernière expérience que je n'ai pas vécue dans ma vie.»

La résistance, jusqu’à la prison s’il le faut. Voilà où en est l’ancien conseiller d’État pour sauver son hangar menacé selon lui par la commune. Dimanche dernier, il a refusé d’interrompre une boum sur demande des autorités de Bardonnex: «Je leur ai dit qu’on a tout fait, qu’on s'est mis aux normes dans le moindre détail, que ce soient les frigos, la chambre froide, les WC, l'accès incendie. Alors qu'on ne peut même pas entrer avec un camion de pompiers dans le village aujourd'hui à cause du stationnement sauvage.»

«C'est la commune qui a le dernier mot et à chaque fois elle revient sur des détails. On n'en peut plus»

Depuis des années, l’ancien ministre organise des concerts, des anniversaires privés, de la vente de vin et de produits du terroir, et même la bénédiction de motos. Mais depuis peu, le ton s’est durci avec la commune. Il reproche aux autorités d’empêcher les manifestations qu’il organise dans son hangar. Il dénonce aussi une inflation de lois, de règlements et d’autorisations envers ceux qui vivent de la terre, de la vigne et de la musique.

À la suite d’une pétition de riverains, Luc Barthassat a lancé une contre-pétition pour soutenir son Hangar. «On a de plus en plus de pression due au voisinage qui aurait envoyé une pétition à la commune de Bardonnex, pétition qui date d'à peu près d’une année et demie, dont on ne connaît pas le texte, dont on ne connaît pas les signataires ni ce qu’ils nous reprochent. Alors que le canton nous donne l'autorisation, c'est la commune qui a le dernier mot et à chaque fois elle revient sur des détails. On n'en peut plus.» Il fustige les horaires réduits ou les exigences quant au parking des voitures.

«Le village se plaint de nuisances sonores. On doit tenir compte de ça, mais nous n'avons rien contre lui»

Selon Ginior Rana Zolana, conseiller administratif chargé de la culture, presque tout le village de Landecy a signé cette pétition. Si elle n’a pas été transmise à l’intéressé, c’est qu’elle est en cours de traitement. Il explique aussi que la commune a rencontré Luc Barthassat pour tenter de régler les problèmes: «Le village se plaint de nuisances sonores. On doit tenir compte de ça, mais nous n'avons rien contre lui.»

Il précise pouvoir autoriser 12 événements publics par année. Mais la demande de Luc Barthassat est condensée sur la période estivale. Pour se débarrasser du problème, la commune entrevoit une autre solution : «Le plus simple pour nous et pour lui, c'est qu'il demande une autorisation au canton pour que ce lieu devienne un lieu culturel permanent. À ce moment-là, les autorisations n'auront pas besoin d'être demandées.»

«Ils viennent avec des drones et vérifient tout le monde»

Mais les tracasseries administratives ne cesseront pas pour autant. Luc Barthassat en dresse une liste incommensurable, émaillée d’exemples précis, comme ici concernant la zone agricole: «Ce chemin en gravier a été prévu pour faire passer les camions poids lourds chargés de notre vin. Car ils ne peuvent pas passer par le petit chemin, c'est trop serré. On avait demandé de pouvoir le faire il y a 35 ans. C'était avalisé, mais personne ne retrouve la note. Donc aujourd'hui, je dois remettre de l'herbe. Mais si je remets de l'herbe, je ne passe plus avec mes camions. Je vais faire comment au mois de septembre avec mes vendanges?»

À l’entendre, l’État surveille tout dans le moindre détail: «Ils sont venus fouiner chez tout le monde, pour voir s’il y a une piscine, si la piscine est fixe. Ils viennent avec des drones et vérifient tout le monde. Ensuite, ils comparent les photos qui avaient été prises par l'hélicoptère de M. Grobet à l'époque avec celles de maintenant.»

Sans pension, l’ancien conseiller d’État compte sur son hangar pour pouvoir vivre six mois par an en Suisse. Un lieu champêtre et convivial devenu un véritable terrain d’affrontement.