Home-jacking à Chêne-Bougeries: les riverains demandent plus de sécurité
À Chêne-Bougeries, un home-jacking en plein jour ravive les inquiétudes des habitants. Dans une lettre adressée aux autorités, ils réclament un renforcement immédiat de la sécurité dans leur quartier. Police cantonale et commune apportent leurs réponses.
Jean-François Etter ne se sent plus en sécurité chez lui. Cet habitant de Chêne-Bougeries dénonce le cambriolage violent subi en plein jour par l’un de ses voisins la semaine dernière. Dans une lettre adressée à Carole-Anne Kast et à la commune, les habitants réunis dans l’association Sauvegarde Vallon-Martin estiment que les mesures de sécurité ne suffisent plus.
«C’est un quartier de villas, mais plutôt classe moyenne. Aujourd’hui, ces home-jackings peuvent concerner absolument tout le monde. On n’est pas à l’abri», s’inquiète M. Etter, président de l’association de riverains. «On aimerait voir des patrouilles plus souvent et un plan de sécurité qui tienne compte de cette situation nouvelle.»
Octogénaire violenté
Le voisin agressé n’a pas souhaité témoigner. Selon nos informations, cet octogénaire a ouvert sa porte à des hommes se faisant passer pour des agents des SIG. Une fois entrés, ils l’auraient violenté avant de vider son coffre. L’homme est aujourd’hui très choqué.
La police cantonale parle toutefois d’un vol à la fausse qualité, et non d’un home-jacking, la victime ayant été piégée et non agressée dès l’entrée. Elle rappelle les bons gestes de prévention comme celui de ne pas se fier aux apparences ou de ne jamais laisser entrer un inconnu sans vérification, comme une carte professionnelle ou un ordre de mission.
50 à 75% des enquêtes résolues
Marc Gygli, chef de la Brigade de répression du banditisme, confirme que le cas ne relève pas de son service mais reconnaît une hausse du phénomène: 13 cas en 2024, 14 depuis janvier. «J’ai peur que cela continue. Nos moyens sont ce qu’ils sont, mais on résout 50 à 75% des cas. Ce sont des très bons chiffres. Mais c’est vrai que le personnel de la brigade, lui, commence à fatiguer.»
Sécurité municipale renforcée à Chêne-Bougeries
À Chêne-Bougeries, la commune dit ne pas constater d’explosion des cambriolages, ni des home-jacking. Face au sentiment d'insecurité des habitants, elle a toutefois renforcé les rondes de police municipale depuis le 1er septembre et prévoit d’augmenter les effectifs dans son budget 2026. «Nous travaillons activement avec la police cantonale. D’autres mesures, que nous ne pouvons pas détailler, sont en cours pour renforcer la sécurité des habitants», précise le conseiller administratif en charge de la sécurité, Willam Locher. Le projet de budget sera soumis au Conseil municipal le 27 novembre.
Le porte-parole de la conseillère d’État nous renvoie vers la police cantonale. Interrogée début novembre par Le Temps sur ce phénomène, Carole-Anne Kast disait refuser «de céder aux sirènes qui demandent une sécurité de classe».