Genève

Institut Villa Margherita, 110 ans au cœur de l’immigration italienne à Genève

06.10.2026 17h31 Delphine Palma

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Depuis 110 ans, l’Institut Villa Margherita raconte l’histoire de l’immigration italienne à Genève. Orphelinat, internat pour les enfants de saisonniers italiens, puis lieu d’accueil parascolaire ouvert à tous: l’institution a accompagné des milliers de familles. Toujours profondément liée à la communauté italienne, elle tente aujourd’hui de retrouver celles et ceux qui ont grandi entre ses murs pour célébrer en beeauté son anniversaire le 1er novembre prochain.

Sur ces photos, Mariana retrouve la petite fille qu’elle était. Six ans, tout juste arrivée de Sicile à Genève en 1960, et déjà séparée de ses parents durant la semaine.

À l’époque, ceux-ci sont saisonniers. Leur statut ne leur permet pas de vivre ici avec leurs enfants. Mariana est alors accueillie à l’Institut Villa Margherita (à l’époque Regina Margherita), qui héberge de nombreux enfants de travailleurs italiens. «On était 120 gamins, pour sept religieuses. On devait mettre la main à la pâte. On s’entraidait, on s’occupait des autres, des plus petits», raconte Marianna Lalicata-Gisselbaek

Des milliers d’entre eux passeront par l’institution. Pour Mariana, cette possibilité a été décisive. «Je ressens de la gratitude. Déjà, j’étais séparée de mes parents la semaine, je ne les voyais que le dimanche. Mais s’ils n’avaient pas eu ça, j’aurais dû être en Sicile, chez mes grands-parents. Ça aurait été beaucoup plus compliqué.»

Du pensionnat au parascolaire

Le statut de saisonnier a depuis disparu, mais la Villa Margherita a poursuivi son activité. Depuis les années 1990, elle accueille au parascolaire les enfants des écoles du quartier. Une soixantaine d’entre eux s’y retrouvent chaque jour de la semaine, à midi ou à 16 h, ainsi que pendant les vacances.

L’institution a aussi évolué avec son époque. Sonia a fréquenté le parascolaire de l’institution dans les années 1990. Elle se souvient encore du catéchisme et de la prière avant les repas, mais aussi d’un lieu déjà très mélangé: «On était vraiment de toutes les origines. Ce n’était pas que des Italiens et ce n’était pas que des catholiques.»

Aujourd’hui, l’accueil est totalement laïque, même si la Villa Margherita reste gérée par la Société de la Chapelle Italienne (SCI). Trois religieuses participent encore à l’encadrement. «On ne fait pas de la religion dans l’Institut. On essaie de promouvoir des valeurs qui sont des valeurs universelles, des valeurs de respect, de solidarité, d’amitié», explique Giuseppe Fusco, le directeur de la SCI. «C’est ce qui explique que nous accueillons des enfants de toutes les nationalités, de beaucoup de religions différentes.»

Retrouver ceux qui ont grandi ou joué à la Villa Margherita

Pour ses 110 ans, l’institution lance désormais un appel à toutes celles et ceux qui l’ont fréquentée au fil des décennies. Ils sont invités à prendre contact avec l’institution et à se retrouver le 1er novembre au Grand-Saconnex pour une grande fête anniversaire.

Mariana en sera. 60 ans après son passage, la Villa Margherita ne l’a jamais vraiment quittée.